Bruxelles, 05/07/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen condamne avec la plus grande fermeté l'escalade de la violence dont est responsable le groupe terroriste Boko Haram au Nigeria, et l'utilisation disproportionnée de la force par les militaires nigérians dans les affrontements, notamment lors des attaques sur Baga à la mi-avril, souligne une résolution adoptée par l'assemblée plénière jeudi 4 juillet à Strasbourg. Le Parlement invite instamment le gouvernement nigérian à protéger sa population.
Il se dit « de plus en plus préoccupé par la décision de Boko Haram de se livrer à des enlèvements de femmes et d'enfants dans le cadre de sa violente campagne s'apparentant à une guérilla », condamne l'exécution de Daniel Nsofor pour des crimes commis alors qu'il avait moins de 18 ans, ainsi que l'exécution de quatre prisonniers en juin 2013, rompant le moratoire de sept ans sur la peine de mort, et appelle le gouvernement nigérian à empêcher toute nouvelle escalade du conflit.
Les autorités du pays et Boko Haram devraient reconnaître la liberté de la presse et des médias, affirment les eurodéputés préoccupés par le fait que cette liberté soit hypothéquée par les menaces d'arrestations, d'intimidations, de violences, et même de mort à l'encontre des journalistes qui rapportent ces événements.
Le Parlement demande instamment au gouvernement d'utiliser des moyens pacifiques pour résoudre les différends qui opposent les groupes ethniques et religieux. Mais, selon les parlementaires, il faut éviter les explications vagues et simplistes fondées sur la seule religion pour expliquer le conflit. La résolution rappelle à cet égard que Boko Haram - dont les organisations des droits de l'homme ont les preuves qu'il vise de plus en plus largement les civils - continue de cibler des chrétiens, des musulmans modérés ainsi que d'autres groupes religieux. Il appelle à un examen plus complet des racines du conflit - dont les tensions sociales, économiques et ethniques.
L'Assemblée juge « profondément regrettable » l'adoption de la loi interdisant le mariage entre personnes de même sexe qui rend passible de sanction pénale les relations entre personnes de même sexe, la défense des droits des personnes LGBT, l'organisation de manifestations favorables aux gays ou les manifestations d'affection entre deux personnes de même sexe. Le Parlement demande donc au président nigérian de ne pas signer la loi adoptée par la Chambre des représentants. (AN)