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Bulletin Quotidien Europe N° 10817
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) italie

Formation du gouvernement... les agences et les marchés s'impatientent

Bruxelles, 28/03/2013 (Agence Europe) - Les marchés, les agences de notation et les partenaires de l'Italie au sein de l'UE attendaient avec impatience, jeudi 28 mars, l'issue des consultations du leader du centre-gauche, Pierluigi Bersani, en vue de la constitution d'une coalition la plus stable possible pour former un nouveau gouvernement capable de poursuivre les réformes entamées par le gouvernement Monti. M. Bersani devait référer dans la soirée au chef de l'État, Giorgio Napolitano, qui devrait le confirmer comme formateur dans la soirée, avancent certains médias italiens.

Sur le plan politique, les marges de manœuvre de M. Bersani sont serrées. Constituer une majorité sans le PDL de Silvio Berlusconi, avec qui son parti, le PD, doit pourtant composer pour trouver un successeur au président de la République avant la mi-juin, mais en absence aussi du M5S de Beppe Grillo, première formation par nombre de voix aux dernières élections législatives, qui lui refuse obstinément tout appui. Les autres formations, dont la Ligue du Nord et les écologistes, ont elles-aussi des exigences variables dont M. Bersani devra tenir compte. La situation politique apparait donc bloquée, alors que les urgences économiques et sociales sont là et constituent pour certains une vraie bombe à retardement.

Des prévisions de l'OCDE sur la croissance classent l'Italie à la dernière place des membres du G7, avec un PIB en recul de 1,6% au premier trimestre de 2013 et de 1% au second, après une chute de 3,7% en termes annuels au dernier trimestre de 2012. Une reprise, très hypothétique, n'est pas attendue avant la fin de l'année. La Commission européenne observe quant à elle une chute de la productivité italienne de 2,8% en 2012 par rapport à l'année précédente, alors que le niveau de chômage atteint les 12%. Cette atonie de l'activité économique pèse sur les entreprises qui rencontrent de plus en plus de difficultés pour payer leurs créances et pour se refinancer auprès des banques. La machine économique est donc, elle aussi, en panne, alors que l'État est lui-même endetté à hauteur de plus de 2000 milliards d'euros et peine à rembourser des dettes d'environ 40 milliards d'euros vis-à-vis des entreprises et des banques.

Ce tableau morose ne doit cependant pas occulter le fait que nombre de mesures d'assainissement ont été prises et que l'État arrive encore à se refinancer sur les marchés à des taux raisonnables. Cependant l'incertitude quant à la formation d'un gouvernement stable, capable d'offrir des garanties solides lui permettant de lever les fonds nécessaires pour faire face aux obligations de l'État et pour relancer la demande interne et la croissance, hypothèque gravement cette crédibilité. En témoignent la décote récente à BBB+ de la note de la dette italienne par l'agence de rating Fitch, ainsi que la remontée à 350 points de base du spread par rapport au Bund allemand et des taux d'intérêt sur la dette à 10 ans (4,73%) ces dernières heures. La réponse de Giorgio Napolitano devra donc lever, du moins en partie, cette incertitude. (FG)

 

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