Bruxelles, 28/03/2013 (Agence Europe) - 210 députés européens ont appelé, le 27 mars, les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, et les États membres à « utiliser toutes leurs influences et ressources » pour agir en faveur de la sécurité des habitants du camp Liberty, en Irak. « Mme Ashton ne peut pas se permettre d'ignorer cette lettre », a souligné le président de l'intergroupe des amis d'un Iran libre, Struan Stevenson (CRE, britannique), lors d'une conférence.
Le camp Liberty a été attaqué par des roquettes le 9 février, attaque qui a fait 7 morts et une centaine de blessés, et des menaces de nouvelles attaques ont été proférées. Dans une lettre, les députés souhaitent ainsi que les 3 100 résidents, membres de l'opposition iranienne, l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI), soient rapatriés au camp d'Ashraf, où ils ont une « relative sécurité », puis réfugiés dans des pays tiers sûrs. « L'UE et Mme Ashton doivent prendre des mesures urgentes: transférer les résidents vers un pays européen ou faciliter leur retour à Ashraf », a exigé la présidente de l'OMPI, Maryam Radjavi.
Plusieurs députés critiquent la position de Mme Ashton qui a rappelé à plusieurs reprises la « responsabilité du gouvernement irakien pour assurer la sécurité des résidents des camps ». « Nous exigeons des actions de Mme Ashton, nous ne pouvons pas accepter que la sécurité des résidents soit entre les mains du gouvernement irakien », a expliqué M. Stevenson, qui ne comprend pas que l'UE fasse confiance au colonel Sadek, qui surveille le camp alors que, selon lui, il a dirigé des attaques contre le camp d'Ashraf. Mme Radjavi a reproché à l'Irak de ne pas avoir pris de mesures de sécurité depuis l'attaque du 9 février.
Renvoi du représentant spécial
Les députés européens souhaitent aussi que l'UE use de son influence pour que le secrétaire général des Nations unies nomme un « envoyé impartial et compétent » à la place du représentant spécial actuel, Martin Kobler. « Nous voulons qu'il laisse sa place, c'est un facilitateur de crimes contre l'humanité », a martelé Mme Radjavi. Pour M. Stevenson, et l'ancien membre de la mission d'assistance de l'ONU en Irak, Tahar Boumedra, c'est au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de gérer la question des résidents de Liberty et d'assurer « sa mission humanitaire ». Selon les élus, M. Kobler a menti sur les conditions de sécurité du camp et est trop proche du gouvernement irakien. Les députés ajoutent qu'il avait dit que la réinstallation des résidents serait rapide alors que seulement 7 d'entre eux sont partis vers des pays tiers.
Soutien de l'UE aux efforts de l'ONU et de Kobler pour la réinstallation
Mme Ashton a « pleinement soutenu les efforts des Nations unies et de M. Kobler pour faciliter le processus de réinstallation », a rappelé son porte-parole à EUROPE. Dans un communiqué du 20 mars, la Haute représentante a souligné qu'« une réinstallation permanente en dehors de l'Irak est la seule solution », précisant que « tous les efforts doivent être faits pour s'assurer que le processus de réinstallation dans des pays tiers aille de l'avant sans tarder ». Catherine Ashton a aussi appelé les résidents du camp à coopérer de manière constructive avec les Nations unies, y compris par la reprise des entretiens avec le Haut Commissaire pour les réfugiés et d'accepter la réinstallation. Les résidents refusent ces entretiens pour dénoncer leurs conditions de sécurité.
Le 7 mars déjà, les députés européens s'étaient adressés dans une lettre aux dirigeants européens, leur demandant d'agir pour les résidents de Liberty. (CG)