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Bulletin Quotidien Europe N° 10815
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) japon

Accord de libre-échange, l'écueil automobile

Bruxelles, 26/03/2013 (Agence Europe) - Les négociations de libre-échange, officiellement lancées le 25 mars, seront difficiles, surtout en ce qui concerne les voitures, les constructeurs européens faisant face à une faible demande domestique et étant de plus en plus préoccupés par un afflux d'exportations nippones.

Dans les pourparlers avec le Japon, l'UE va se concentrer sur la levée des barrières non tarifaires. Les Vingt-sept ont déjà fait savoir qu'ils baisseront leurs droits de douane sur les importations de véhicules nippons seulement en proportion de la réduction des obstacles techniques et réglementaires au Japon.

Tous les yeux sont rivés sur le secteur automobile. À l'heure actuelle, l'UE impose des droits de douane de 10% sur les voitures japonaises, tandis que le Japon a un taux zéro sur les voitures étrangères. Le Japon veut que l'UE réduise sa taxe sur les voitures, qui représentent près de 20% de ses exportations totales vers le marché européen. Mais les Vingt-sept ne s'y plieront que si le Japon assouplit ses normes de sécurité automobile et réduit son traitement préférentiel sur les mini-voitures. En outre, l'UE exigera l'inclusion de clauses de sauvegarde lui permettant d'imposer des restrictions temporaires sur les automobiles japonaises en cas de montée des importations. L'accord de libre-échange avec la Corée du Sud, entré en vigueur le 1er juillet 2011, a rendu l'Europe encore plus méfiante à l'idée d'un essor des importations de véhicules nippons.

Les constructeurs automobiles européens sont sur leurs gardes. « Nous sommes des acteurs mondiaux, avec des usines dans toutes les régions du monde. En tant que tels, nous appuyons les efforts multilatéraux visant à libéraliser le commerce automobile. Nous sommes fortement en faveur d'accords de libre-échange équilibrés qui offrent de réelles opportunités pour l'exportation », explique le secrétaire général de l'ACEA, Ivan Hodac. « Mais nous avons encore quelques réserves sur un accord avec le Japon. Nous nous interrogeons sur sa capacité à créer assez d'opportunités pour les exportateurs européens pour compenser un meilleur accès au marché de l'UE, dont bénéficieront les constructeurs nippons avec la baisse des tarifs », ajoute-t-il.

Le Japon maintient des exigences nationales uniques qui augmentent le coût des importations au Japon sans apporter de bénéfices pour le consommateur. Tokyo doit donc accélérer l'harmonisation de ses normes sur les véhicules avec les règlements de la CEE-ONU, explique l'ACEA. « Notre industrie demande que des véhicules homologués UE puissent être vendus au Japon sans avoir besoin d'une nouvelle certification ou d'une modification coûteuse, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Les voitures européennes sont parmi les plus sûres et plus propres au monde, il n'y a donc aucune raison pour qu'un véhicule qui convient aux consommateurs européens ne soit pas approprié pour les consommateurs japonais », insiste M. Hodac. L'ACEA demande aussi au Japon de revoir son système d'avantages fiscaux dont bénéficient les mini-voitures nippones, les kei-cars, pour que les voitures sous-compactes rivalisent sur un pied d'égalité. (EH)

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