Bruxelles, 26/03/2013 (Agence Europe) - Les autorités chypriotes ont tenté, ce début de semaine, de faire passer la pilule du nouveau plan de sauvetage aux citoyens chypriotes, dont les plus jeunes se sont rassemblés pour protester contre les conditions imposées par les futurs bailleurs de fonds du pays.
« Il était impératif que nous trouvions une solution », a expliqué le ministre des Finances, Michalis Sarris, lors d'un entretien à Bloomberg mardi 26 mars. Selon lui, une réduction majeure du système bancaire de l'île était nécessaire sinon « la disparition des deux plus grandes banques » de l'île, la Bank of Cyprus (BoC) et la Popular Bank (Laiki), aurait pu devenir réalité. Nicosie a évité ce cas de figure puisqu'elle a été « capable de sauver l'une des deux », à savoir la BoC (EUROPE n° 10814).
Epargnée, la BoC devra être recapitalisée, ce qui entrainera une ponction d'au moins 30% sur les dépôts non sécurisés, dont les détenteurs recevront en échange des actions dans la banque. Le président du BoC, Andreas Artemis, aurait par ailleurs présenté sa démission, ce mardi, que le conseil d'administration devait étudier dans l'après-midi, selon l'agence de presse chypriote CNA.
Les banques, fermées depuis environ dix jours, ne devraient pas rouvrir avant jeudi 28 mars, a annoncé la Banque centrale chypriote. Cette annonce devrait concerner également la BoC. Certaines rumeurs font toutefois état d'un jour de fermeture supplémentaire pour cette banque, pour que les ponctions sur les dépôts puissent être effectuées vendredi. Les filiales des banques chypriotes en Grèce pourront quant à elles rouvrir jeudi, a annoncé la Banque grecque du Pirée qui a les a acquises pour 524 millions d'euros.
Les mesures restrictives concernant la circulation des capitaux sont en cours de discussion, a indiqué M. Sarris, pour qui il faut trouver le « bon équilibre » afin que les contrôles ne paralysent pas l'économie. Le Président chypriote, Nicos Anastasiades, a promis lundi soir que ces restrictions seraient provisoires et progressivement détendues.
Nicosie attachée à l'euro. « Il serait catastrophique de parler ou d'entretenir l'idée d'une sortie de l'Eurozone », a estimé M. Sarris, convaincu que la place de l'île demeurait au sein de la monnaie unique. « Et nous ferons tout ce qu'il faut pour y rester », a-t-il ajouté. Car malgré, « l'amertume et la déception que nous avons ressenties concernant la position que certains de nos partenaires ont tenu envers Chypre », un désengagement de la famille européenne ne règlerait pas la crise, a pour sa part expliqué M. Anastasiades.
Chypre, un cas spécifique. La Commission européenne, la BCE et le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, ont réitéré mardi que le cas de Chypre était un cas spécifique, la solution trouvée pour la restructuration des deux banques chypriotes ne pouvant en aucun cas constituer un modèle pour d'éventuelles opérations similaires dans la zone euro. « C'est une bonne solution trouvée pour le cas spécifique chypriote, cela ne veut pas dire que le modèle est à réutiliser tel quel dans l'avenir », a déclaré la Commission européenne. Lundi soir le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, était revenu sur des propos laissant pourtant entendre le contraire (voir autre nouvelle). (EL)