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Bulletin Quotidien Europe N° 10767
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SOCIAL / (ae) social

La réflexion sur la dimension sociale de l'UEM est entamée

Bruxelles, 18/01/2013 (Agence Europe) - Bien que cela ne fût pas prévu au départ, le Conseil européen et la Commission européenne viennent de se lancer dans une réflexion sur la manière de concrétiser la 'dimension sociale' du projet pour une authentique Union économique et monétaire (UEM). Le président Herman Van Rompuy présentera son rapport sur les voies à prendre pour remplir les objectifs sociaux, dont « une feuille de route assortie d'échéances », lors de la réunion des chefs d'État et de gouvernement en juin 2013, dans le cadre de la mise en place progressive de l'UEM. Mais, dès aujourd'hui, il a livré un aperçu de la méthode qui va être privilégiée, ainsi que ses cinq priorités en la matière.

Lorsque M. Van Rompuy a présenté son document de travail intitulé « Vers une véritable Union économique et monétaire », au début du mois de décembre 2012 (EUROPE nº 10746), la dimension sociale figurait aux abonnés absents. Ce document privilégiait les enjeux économiques et budgétaires, sans faire de distinction entre les objectifs de croissance, d'emploi ou en termes de préservation du modèle européen social. Neuf jours plus tard, les États membres adoptaient lors du Sommet européen de la mi-décembre des conclusions où se trouvaient, parmi les « défis fondamentaux » de l'UEM, la préservation du « modèle social européen ». Par la même occasion, le président du Conseil se fixait comme objectif pour juin 2013 de présenter « des mesures qui pourraient être prises », notamment dans le volet dit de « la dimension sociale de l'UEM, y compris (du) dialogue social ».

Ces modifications de la dernière minute ont surtout été apportées sous l'impulsion d'un seul État - la France, selon les informations recueillies par EUROPE. Le président français, François Hollande, a néanmoins bénéficié du soutien d'autres États membres, surtout de la Belgique et de certains gouvernements de couleur politique socialiste ou sociale-démocrate. Mais, dans le contexte actuel, avec un taux de chômage qui ne cesse de battre des records de mois en mois au sein de l'UE et tous les autres indicateurs qui virent au rouge (pauvreté, précarité énergétique), la tendance qui vise à rééquilibrer l'approche privilégiée jusque-là envers la crise est plus profonde. Les conséquences imprévues, ou sous-évaluées, comme l'ont admis deux économistes du FMI, des politiques d'austérité poussent aujourd'hui aussi bien le groupe PPE du Parlement européen que la Commission ou M. Van Rompuy à parler d'une « crise sociale » et d'évoquer le risque d'une « génération perdue », en regard du chômage des jeunes Européens de moins de 25 ans.

Un des indicateurs de l'évolution de la 'question sociale' se trouve ainsi dans la fréquence avec laquelle est employée le terme 'social'. Celui-ci est apparu à quatre reprises dans le premier document sur l'UEM, puis à huit reprises dans les conclusions du Conseil quelques jours plus tard. Finalement, dans un discours prononcé au Comité économique et social européen (CESE), jeudi 17 janvier, M. Van Rompuy l'a utilisé presque 30 fois, alors qu'il était venu s'exprimer sur l'avenir des institutions européennes dans le contexte du projet de l'UEM. Il a profité de cette occasion pour jeter un peu plus de lumière sur cette future 'dimension sociale'. Les propositions qui vont être présentées, dans un peu moins de cinq mois, vont ainsi être regroupées en quatre catégories. La première, et en même temps la plus importante, sera celle portant sur l'emploi. Quelques principes directeurs ont été évoqués: promotion de systèmes de 'flex-sécurité', des 'garanties jeunes' et de la mobilité professionnelle. Les trois autres volets ont trait à l'éducation, avec un accent mis sur la « formation permanente », la santé, où il est possible « d'établir des points de référence pour progresser vers des systèmes (de retraite, NDLR) justes à la fois socialement et entre les générations » et l'exclusion et la pauvreté. Cette dernière catégorie doit être mieux intégrée dans « notre politique économique dans son ensemble et notre politique sociale en particulier », a-t-il dit.

À l'heure actuelle, il s'agit surtout de quelques pistes de réflexions, plus que d'un programme de mesures concrètes. Du côté de la Commission, dont le président est censé agir en « étroite collaboration » avec le Conseil européen sur le projet de l'UEM, on assure que la « réflexion » a été entamée sur la 'dimension sociale'. Réponse similaire du côté de la France, mais où l'on estime en même temps « qu'il faut encore attendre » et que cette dimension va se concrétiser « au fur et à mesure » des prochains mois. Mais la nature de cette approche semble déjà fixée. Il ne devrait pas y avoir de nouvelles compétences communautaires. La zone euro doit surtout « mieux coordonner ses politiques de l'emploi ». « L'Union recommande, incite, oriente, coordonne, mais la responsabilité réside principalement au niveau national », a martelé M. Van Rompuy. Toutefois, le niveau de chômage actuel est « un indicateur de la qualité des politiques menées dans le passé au niveau national », a-t-il affirmé, justifiant ainsi l'ajout, du moins en filigrane, du terme 'social' au côté de ceux de 'monétaire et 'économique' de la future Union. (JK)

 

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