Bruxelles, 18/01/2013 (Agence Europe) - Sans télépéage européen, la directive Eurovignette prend du retard. Dans une première évaluation de l'application de la directive sur la taxation des poids lourds pour l'utilisation de certaines infrastructures (1999/62/CE), dite directive Eurovignette, la Commission démontre que son application varie encore grandement d'un État membre à un autre. Publiée le 16 janvier, cette évaluation ex-post explique que cela serait dû à une transition plus lente que prévue de péage basé sur le temps vers un véritable réseau intégré de péages électroniques. À ce stade, seuls l'Autriche, la République tchèque, l'Allemagne, la Slovaquie, la Pologne et le Portugal se montrent bons élèves. Belgique, Danemark, Luxembourg, Pays-Bas, Suède camperaient sur leur vignette basée sur le temps (Protocole Eurovignette) ; une situation similaire existe en Bulgarie, Hongrie, Lituanie et Roumanie. Des barrières physiques demeurent encore en France, Grèce, Irlande, Portugal, Slovénie, Espagne. Ce manque d'harmonisation résulte à la situation kafkaïenne selon laquelle un conducteur de poids lourds traversant l'Europe de part en part doit se munir sur son tableau de bord de 11 appareils embarqués et de 5 vignettes, le tout ayant pour conséquence des charges administratives très élevées. Par conséquent, l'évaluation constate que les transporteurs préfèrent toujours réaliser des détours pour éviter les zones de péages élevés.
La Commission insiste une fois de plus sur le fait que le recours au télépéage électronique européen améliorerait grandement la situation et le trafic, sans compter que la technologie est arrivée à maturité.
Quant à l'internationalisation des coûts externes (pollution et bruit) et à l'affectation des revenus des taxes dans la maintenance de l'infrastructure, la Commission note que seuls l'Autriche, le Danemark et la Belgique cherchent véritablement à avoir recours à ces nouvelles dispositions. (MD)