Bruxelles 18/01/2013 (Agence Europe) - Si les opérations militaires au Mali sont au cœur de l'actualité, c'est sur tous les fronts - soutien financier aux troupes africaines, aide au développement et aide humanitaire - que l'Union européenne a décidé, jeudi 17 janvier, d'accroître son assistance au Mali. Dans la foulée du Conseil Affaires étrangères extraordinaire, qui a vu le lancement de la mission EUTM Mali d'entraînement et de conseil de l'armée malienne (EUROPE n° 10766), la Commission européenne a annoncé la décision de l'UE de réserver 50 millions d'euros de la Facilité de Paix pour l'Afrique, pour appuyer le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), la relance de certains programmes de coopération au développement entre l'UE et le Mali, suspendue depuis le coup d'État du 22 mars (à l'exception du soutien direct à la population et à la transition démocratique) qui permettrait de mobiliser 250 millions d'euros environ, dès que possible, et l'accroissement de son aide humanitaire.
Ce renforcement de l'aide européenne, dans le cadre d'une approche globale de la crise malienne, a été précisé à la veille du sommet extraordinaire de la CEDEAO, ce samedi 19 janvier à Abidjan (Côte d'Ivoire), auquel participera Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. Les conditions de cette aide seront précisées lors de la conférence des donateurs de la MISMA prévue le 29 janvier à Adis Abeba (siège de l'Union africaine), en marge du sommet de l'Union africaine, auquel la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE sera représentée.
MISMA. Les besoins estimés de la MISMA, force africaine de 3 000 hommes provenant des pays de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (principalement le Bénin, le Niger, le Nigéria, le Sénégal et le Togo), se situent entre 150 et 200 millions d'euros. Avec les 50 millions d'euros réservés sur la Facilité de Paix en Afrique, « l'UE serait en mesure de couvrir les dépenses non militaires de la force, telles que des per-diem, des frais de transport et des frais médicaux, notamment », précise Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement.
Développement. Les 250 millions d'euros dont la mobilisation est subordonnée à des progrès dans la présentation et la mise en œuvre de la feuille de route pour un retour à l'ordre constitutionnel et démocratique seraient destinés à l'appui budgétaire direct au gouvernement pour appuyer ses efforts vers la transition démocratique, en réponse à l'appel lancé jeudi par le ministre des Affaires étrangères malien, Tieman Hubert Coulibaly, et à venir en aide à la population civile malienne « durement touchée par cette crise multiforme », souligne le commissaire. Cette aide permettra notamment de renforcer la société civile, la sécurité alimentaire, et d'améliorer l''approvisionnement en eau potable de la ville de Bamako à partir de la localité de Kabala. L'enveloppe d'aide destinée au Mali au titre du 10ème Fonds européen de développement (dotation financière de la coopération entre l'UE et les pays ACP pour la période 2008-2013) est de 583 millions d'euros pour la période 2008-2013. Dans le cadre de la « Stratégie pour la sécurité et le développement au Sahel », le Mali a reçu une enveloppe additionnelle de 50 millions d'euros.
Aide humanitaire. En 2013, la Commission européenne a, pour l'heure, alloué 20 millions d'euros d'aide humanitaire d'urgence pour secourir les victimes du conflit et se tient prête à faire plus pour faire face à l'aggravation de la situation du fait des combats. En 2012, elle avait engagé 337 millions d'euros en réponse à la crise alimentaire au Sahel, dont 73 millions d'euros en faveur des populations victimes de la crise alimentaire et du conflit au Mali et des 150 000 personnes réfugiées dans les pays voisins. Les États membres pour leur part avaient engagé 38 millions d'euros. (AN)