Bruxelles, 16/11/2012 (Agence Europe) - Trois questions à L'EFSA. En marge de la conférence « Efsa@10: prête à relever les défis de demain », Catherine Geslain-Lanéelle (CG-L), directrice exécutive de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), a accepté de répondre à trois questions de l'Agence Europe (AE).
(AE) Pourquoi en dix ans, l'EFSA n'a-t-elle jamais émis d'avis scientifique négatif sur les OGM ?
CG-L: Ce n'est pas vrai. Dans les avis que nous rendons, nous identifions des risques. Pour la pomme de terre Amflora de BASF, par exemple, nous avons identifié des risques environnementaux comme le risque de transmission d'anti-résistance. Pour certains OGM résistants aux herbicides, nous avons identifié un risque de résistance. C'est aux gestionnaires des risques de prendre les mesures adéquates. En outre, quand l'EFSA reçoit des études des industriels, elle demande des éléments complémentaires. C'est le cas pour 95 % des dossiers. Il faut savoir que 10 % des dossiers reçus par l'EFSA sont retirés par les industriels eux-mêmes quand des questions leur sont posées. Cela prouve que l'on a mis le doigt sur les vrais problèmes.
(AE) S'acharner à évaluer les risques de plantes transgéniques dont les citoyens ne veulent ni dans les champs ni dans leur assiette, n'est-ce pas de nature à alimenter la suspicion à l'égard des OGM et de l'EFSA ?
CG-L: Ce n'est pas l'EFSA qui s'autosaisit. Elle reçoit des dossiers. Je réponds à votre question par une autre: pourquoi demande-t-on à l'EFSA d'évaluer les risques des OGM alors que plus de 60 % des citoyens européens n'ont pas envie d'OGM ? C'est parce que l'Europe a besoin d'importer des OGM pour alimenter les volailles, les porcs, les vaches laitières. Les tourteaux de soja sont importés des États-Unis, d'Argentine, du Brésil. Peut-on réduire la dépendance de l'Europe à ces importations ? C'est un débat de politique agricole. Aujourd'hui, on rétrécit le débat, alors qu'il y a là un enjeu de société.
(AE) Qui donc est responsable de cette dépendance et du tour que prend le débat ? La Commission ? Les gouvernements des États membres ?
CG-L: Je ne cherche pas de coupable. Mais j'aimerais que l'on puisse présenter les enjeux du débat aux citoyens. On réduit le débat à un enjeu scientifique alors qu'il y a un enjeu de société. Nous aimerions bien ne pas être tenus pour responsables. Nous sommes favorables au dialogue avec les ONG. Nous ne voulons pas éluder notre responsabilité. (AN)