Bruxelles,16/11/2012 (Agence Europe) - L'UE et la Tunisie réunissent lundi, en marge du Conseil des Affaires étrangères, la 9ème session du Conseil d'association qui donnera l'occasion de faire le point sur la coopération bilatérale et d'ouvrir la voie à un « partenariat privilégié » (autre appellation des accords de « statut avancé »). Un accord politique marquant cette volonté sera signé lundi.
Les ultimes négociations poursuivies cette semaine à Bruxelles sur le contenu à donner à ce partenariat auraient abouti à un rapprochement des points de vue sur les orientations générales aussi bien en matière politique (appréciation de la situation post-révolution de janvier 2011 dans ce pays) qu'économiques (parachèvement de son intégration dans le marché intérieur européen - normes industrielles, certifications, etc. - négociations pour une coopération commerciale « approfondie », sur le libre échange des services, sur les produits agricoles et agro-industriels, sur la mobilité et le droit d'établissement et, enfin, sur un accord dans le transport aérien de type « open sky » sur lequel des conversations exploratoires ont eu lieu cette semaine à Bruxelles). Sur tous ces chapitres, les pourparlers devraient reprendre début 2013.
L'état de la coopération couvre aussi le chapitre financier. L'appui financier à la Tunisie était fixé à 240 millions d'euros ; il a été augmenté pour atteindre 400 millions d'euros, mais Tunis attire l'attention sur le besoin d'accélérer le rythme d'engagement de ces fonds.
Ces points seront discutés dès la signature du nouveau « plan d'action » (2013-2017) qui scellera les intentions mais qu'il faudra compléter par un texte plus détaillé (appelé « matrice »). On sait, d'ores et déjà que les concessions européennes sur un point sensible pour les Tunisiens, comme pour tous les sud-méditerranéens - la mobilité - seront mesurées et pourraient n'aboutir qu'à des mesures de facilitation dans l'octroi de visas pour les professionnels, obligatoirement assorties d'un « accord de réadmission ». Ce qui semble montrer que l'état d'esprit européen vis-à-vis de la Tunisie reste marqué par une relative circonspection.
La volonté d'approfondissement reste tributaire du rétablissement de la confiance et de la sécurité. Elle est exprimée en effet à un moment délicat pour la Tunisie. Les Européens, sans se livrer à des critiques, indiquent ce qui leur semble être la bonne voie, à savoir l'accélération de la procédure d'écriture d'une constitution, la levée des obstacles à la liberté d'expression et des médias, l'indépendance de la justice, la sauvegarde de l'acquis dans les droits de la femme qui fait la réputation de la Tunisie dont la société civile prouve une vigueur remarquée et qui lui vaut des appuis financiers substantiels de la part de l'UE. (FB)