Bruxelles, 16/11/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis lundi 19 novembre en Conseil devraient discuter de la reconnaissance de la Coalition nationale syrienne, reconnue par la France comme « seule représentante du peuple syrien » et « futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique », que le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a par ailleurs appelé le 15 novembre à reconnaître.
Il va y avoir un débat « sur les conséquences à tirer » de son unification, sur le soutien politique à lui apporter, a souligné un diplomate européen. « Les ministres vont sans doute avoir à se prononcer par rapport à cette unification que l'UE appelle depuis des mois », a-t-il ajouté.
La question de la levée de l'embargo sur les armes pour l'opposition pourrait aussi être discutée. Le 15 novembre, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a annoncé que Paris allait demander à ses partenaires européens la levée de l'embargo sur les « armes défensives » pour aider l'opposition, qui a formulé cette demande. La levée de l'embargo nécessite l'unanimité des 27. Les ministres s'entretiendront aussi sur le soutien de l'UE aux efforts diplomatiques du Représentant spécial, Lakhdar Brahimi, sur la coordination entre l'UE et la Ligue arabe, sur l'aide aux quelque 400 000 réfugiés et sur les implications régionales du conflit. Des conclusions sont attendues.
Le Proche-Orient et le voisinage sud au menu
Les ministres discuteront aussi du Proche-Orient, où la situation se dégrade avec un regain de violence entre Israël et Gaza depuis le 13 novembre (voir autre nouvelle) et des conclusions, initialement non prévues, sont envisagées. Les ministres devraient faire le point sur le processus de paix et sur l'initiative palestinienne visant à obtenir le statut d'État non membre aux Nations unies.
Dans des conclusions sur le Liban, les ministres devraient condamner fermement l'attentat à la bombe du 19 octobre à Beyrouth et mettre l'accent sur l'importance de préserver l'unité nationale et la stabilité du pays.
Le Conseil pourrait adopter des conclusions saluant les progrès accomplis au Yémen au cours de la première année de transition.
Les chefs de la diplomatie pourraient également évoquer brièvement la situation en Libye après la nomination du nouveau gouvernement.
De retour de la task force EU/Égypte des 13 et 14 novembre, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, fera un compte rendu de ses réunions en Égypte. Le Conseil pourrait aussi débloquer les fonds gelés en vertu de sanctions de l'UE contre les anciens régimes égyptien et tunisien, pour faciliter le retour des fonds publics détournés de ces pays sur la base des décisions judiciaires reconnues dans les États membres de l'UE.
Discussions sur l'Ukraine et les États-Unis pour préparer le Conseil de décembre
Les ministres devraient adopter des conclusions sur la Moldavie et feront le point sur les perspectives politiques de l'Ukraine après les élections législatives du 28 octobre. Selon un diplomate, le débat portera sur la situation et sur les conséquences que l'UE peut en tirer. Le débat servira à la préparation de conclusions qui pourraient être adoptées lors du Conseil des Affaires étrangères du 10 décembre (voir autre nouvelle).
Les ministres procéderont aussi à un échange de vues sur les priorités de la politique étrangère susceptibles de figurer dans le deuxième mandat du président américain Barack Obama et sur la coopération diplomatique, sujets qui seront abordés de façon plus élaborée lors du Conseil de décembre.
Enfin, le Conseil examinera aussi l'état d'avancement de la situation à Cuba et l'avenir des relations bilatérales UE-Cuba, discussions qui pourraient mener à l'adoption de conclusions lors du Conseil de décembre. (CG)