Bruxelles, le 16/11/2012 (Agence Europe) - Les incertitudes planaient, vendredi 16 novembre, quant à la capacité des créanciers institutionnels de la Grèce à marquer un accord sur la viabilité de la dette grecque lors de l'Eurogroupe programmé mardi 20 novembre.
La Commission européenne affirmait s'atteler activement, de concert avec ses partenaires de la 'troïka' (BCE et FMI) et par le biais de contacts avec les États membres, à répondre aux dernières questions en suspens afin de « faciliter un accord global le 20 novembre ». Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ne pouvait pas, à ce stade, prédire si un accord serait conclu à l'Eurogroupe. Et d'ajouter que « le rideau ne tombe jamais avant que la grande cantatrice ait chanté ». Le FMI ne partage pas les positions des Européens quant à la façon de ramener la dette grecque sur une trajectoire viable. Mme Lagarde a préconisé une « base durable » pour que la Grèce puisse se remettre sur pied et retrouver l'accès aux marchés des capitaux « aussi vite que possible ». Jeudi, le porte-parole du Fonds, William Murray, avait réitéré que le ratio dette/PIB grec devait être réduit à 120 % d'ici 2020, et non pas 2022 comme semblent prêts à le consentir les Européens, exception faite de l'Allemagne. Face à un tel désaccord, Berlin a tenté de calmer les inquiétudes, attestant qu'il n'y avait pas de « menace » que le FMI se retire du programme d'assistance.
Seconde pomme de discorde, la manière d'atteindre cet objectif. C'est « assurément » à la zone euro d'agir, avait estimé M. Murray. Selon lui, le FMI s'est déjà acquitté de sa tâche en réduisant, en mars dernier, les taux d'intérêts pratiqués sur les prêts octroyés à Athènes et en repoussant la maturité de ces prêts. Les Européens devraient accepter ce type de restructuration 'light' sur les titres grecs qu'ils détiennent. Cette option est cependant loin de faire l'unanimité au sein des Dix-sept.
D'autres voix poussent pour des efforts supplémentaires des Européens. « Je considère le besoin d'un nouvel effacement de la dette (grecque) comme une question ouverte », a dit le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, pour qui ce processus ne règlerait toutefois pas les problèmes de la Grèce.
Si un accord politique est marqué mardi prochain, l'Eurozone débloquera le versement de la prochaine tranche d'aide supérieure à 30 milliards d'euros. Le rapport final de la 'troïka', sur base duquel les Dix-sept trancheront, devrait être sur la table des ministres des Finances, selon une source européenne, qui a toutefois rappelé qu'il ne devrait s'agir que d'une « actualisation » du rapport préliminaire disponible. Signe positif, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a estimé qu'Athènes avait « tenu ses promesses ».
Une fois débloqué, le versement de la prochaine tranche d'aide sera soumis à l'approbation de parlements nationaux, dont le Bundestag qui n'a pas encore fixé de date pour un vote. Les parlements finlandais et néerlandais devront aussi se prononcer.
Athènes évite de justesse le défaut de paiement. Face au retard du versement de l'aide européenne, Athènes a levé 5 milliards d'euros de titres de dette à court terme. Une somme que les autorités grecques ont utilisé pour faire face à des échéances financières fixées vendredi. (EL)