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Bulletin Quotidien Europe N° 10690
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Shiarly, nous n'avons aucun problème de liquidité

Nicosie, 17/09/2012 (Agence Europe) - Le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, a assuré que son pays n'allait rencontrer aucun problème de liquidité dans un avenir proche, une situation qui place Nicosie dans une situation moins difficile que celle rencontrée par d'autres pays ayant négocié une aide financière internationale. « Nous n'avons pas cette pression liée à la liquidité », a-t-il déclaré, samedi 15 septembre à Nicosie à l'issue de la réunion informelle du Conseil ÉCOFIN. Pour des raisons tactiques, il a refusé de dire quand Chypre allait commencer à rentrer dans une période plus délicate dans ce domaine et le montant de l'enveloppe dont l'île a besoin.

La veille, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait demandé aux autorités chypriotes de « clarifier leurs intentions en vue de reprendre les négociations relatives à la mise sur pied d'un éventuel programme d'assistance financière ». Selon le ministre, les négociations avec les Européens devraient pouvoir aboutir « au cours du mois prochain ».

Exclue des marchés financiers depuis mai 2011, Chypre a déposé, en juin, une demande formelle d'aide financière complète qui portera sur la recapitalisation du secteur bancaire et un soutien budgétaire (EUROPE n°10642). Selon M. Shiarly, le retard pris dans les discussions avec les futurs créanciers internationaux de son pays est dû à une conjonction de facteurs tels que les vacances en Europe du Nord, le manque de ressources humaines de son pays et la préparation du Conseil ÉCOFIN informel. Selon lui, ces pourparlers devaient reprendre ce lundi « avec Washington, Francfort, Bruxelles ». « Si un retard n'est pas une bonne chose, c'est une chose que l'on devrait néanmoins accepter », a encore considéré l'ancien banquier.

M. Shiarly a confirmé que, en parallèle, des discussions en vue d'un prêt bilatéral étaient en cours avec la Russie, mais pas avec la Chine. Les Russes, qui désirent apporter une nouvelle fois leur aide, ont demandé des informations que nous leur avons fournies, et ils sont en train d'étudier notre demande, a-t-il indiqué. En 2011, Chypre a déjà obtenu un prêt bilatéral de 2,5 milliards d'euros de Moscou. Avec la Russie, « l'approche est très différente de celle poursuivie avec l'Eurozone », a considéré M. Shiarly, sans entrer dans les détails des mesures conditionnelles qui seraient attachées à toute aide. Néanmoins, il s'attend à ce que le traitement du prêt russe à son pays soit traité de la même façon que les prêts bilatéraux que le Royaume-Uni, le Danemark et la Suède ont octroyés à l'Irlande quand ce pays a obtenu une aide financière internationale.

La semaine dernière, la presse chypriote faisait état d'un document listant les requêtes de la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE) en échange d'une aide financière. Sur le plan budgétaire, Chypre devrait ramener son déficit à 4% en 2012 (2,5% en 2013). Serait requise une réforme en profondeur du système bancaire, en regroupant notamment la supervision des établissements de crédit sous un même superviseur, à savoir la banque centrale. Les banques chypriotes devraient faire passer, de 8 à 10% d'ici fin 2013, leur ratio de capital de qualité optimale ('core Tier one'). Un programme de privatisation serait lancé, englobant notamment la compagnie Cyprus Airways. Concernant le marché du travail, la 'troïka' requerrait la suppression du régime d'indexation des salaires dans les secteurs public et privé. Dans le secteur public, le gel des salaires serait prolongé à 2015, le 13ème mois supprimé et le nombre de fonctionnaires réduits. Partout, le 13ème mois des retraites supérieures à 1 000 euros subirait des coupes franches, comme les primes de Noël et de Pâques. (MB)

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