Bruxelles, 29/08/2012 (Agence Europe) - Trois communautés autonomes espagnoles sur dix-sept ont d'ores et déjà demandé de l'aide à l'État central par le biais du fonds de sauvetage régional qui sera doté d'une enveloppe de 18 milliards d'euros. La Catalogne requiert 5 milliards d'euros, la région de Valence 3 milliards et celle de Murcie 300 millions. Près de 9 milliards d'euros sont d'ores et déjà mobilisés alors que le Fondo de Liquidez Autonómico (FLA) sera opérationnel en septembre. Cette situation n'inquiète pas la Commission européenne. « Les 18 milliards d'euros mis de côté par les autorités espagnoles suffiront par rapport aux besoins », a estimé mercredi 29 août le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn.
Prenant note de la demande formulée la veille par le gouvernement régional catalan, la Commission souligne le caractère conditionnel de l'aide aux régions alors que les Catalans espèrent n'être soumis à aucune contrepartie (EUROPE n°10676). « La participation à ce mécanisme est sujette à une stricte conditionnalité budgétaire. Ceci est en phase avec nos recommandations spécifiques pour l'Espagne qui appellent à un respect strict de la loi de stabilité financière et l'adoption de mesures budgétaires strictes au niveau régional. Nous comprenons que les objectifs rigoureux de déficit établis pour les communautés régionales demeurent fixés à 1,5% du PIB pour cette année. Nous sommes confiants dans le fait que le gouvernement et les régions espagnols adopteront et mettront en œuvre les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs et que le déficit du gouvernement central sera de 6,3% cette année », a considéré le porte-parole de M. Rehn.
La loi sur la stabilité financière impose aux régions espagnoles de réduire leur déficit public selon la trajectoire suivante: 1,5% en 2012, 0,7% en 2013, 0,1% en 2014. En 2015, le budget des régions devra même être excédentaire à hauteur de 0,2% du PIB. En 2011, la Catalogne a accusé un déficit à hauteur de 3,9% de sa richesse. Son endettement s'élève à près de 42 milliards d'euros. En 2011, les finances publiques dégradées des régions espagnoles ont été la principale cause de déficit du gouvernement central. Début juillet, le Conseil Écofin avait accordé un an supplémentaire à Madrid pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB selon la trajectoire suivante: 6,3% en 2012, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014 (EUROPE n°10652).
L'appel à l'aide de la Catalogne a ravivé les inquiétudes sur la capacité de l'Espagne à rééquilibrer ses finances publiques alors que la récession économique s'aggrave dans le pays et que le niveau de recapitalisation des banques espagnoles - autour de 60 milliards d'euros - doit encore être déterminé. Les taux d'intérêt sur la dette espagnole à 10 ans sont repartis à la hausse pour dépasser la barre des 6,5%. Une situation qui exaspère le Premier ministre espagnol. « Nous ne pouvons plus continuer dans cette situation où le refinancement est si difficile », a estimé Mariano Rajoy mardi à l'issue de sa rencontre avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Pourtant, le gouvernement espagnol entretient le flou sur une possible demande d'aide visant à faire baisser les coûts de refinancement à travers une intervention conjointe des fonds européens de sauvetage et de la BCE. M. Rajoy attend d'en savoir plus sur les conditions qui seraient attachées à un tel programme. « Personne n'est en train de négocier un quelconque type d'ajustement supplémentaire », a affirmé mercredi le ministre espagnol de l'Économie, Luis De Guindos, rapporte le site d'El País. (MB)