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Bulletin Quotidien Europe N° 10677
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Merkel-Monti, « rapports excellents » et quelques divergences

Bruxelles, 29/08/2012 (Agence Europe) - Pas de « licence bancaire » pour le Mécanisme européen de stabilité (MES) dans les conditions actuelles et avec les traités actuels. Par ailleurs, l'Italie n'a pas l'intention de demander l'aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF) dans l'immédiat et l'Allemagne, pleinement confiante dans la politique d'assainissement du gouvernement actuel, ne lui demande rien de tel dans le but de se prémunir contre un éventuel changement de cap du gouvernement résultant des prochaines élections, en 2013. C'est ce qui ressort de la conférence de presse tenue par le Premier ministre italien, Mario Monti, et la chancelière allemande, Angela Merkel, à l'issue de leur rencontre, mercredi 29 août à Berlin. Une rencontre qui intervient après celle que M. Monti a eue hier, à Bruxelles (sans plus de précisions quant au contenu) avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso (voir EUROPE n° 10676), et avant celle qu'il aura, le 4 septembre à Rome, avec le président français, François Hollande, à la veille d'un automne qui s'annonce décisif pour l'avenir de la zone euro.

À Berlin, le Premier ministre italien comptait bien remettre l'Italie au centre de l'intense ballet diplomatique en cours et défendre la méthode communautaire, après l'annonce de la création d'un groupe de travail franco-allemand chargé d'élaborer des propositions communes sur la croissance et sur l'union budgétaire et monétaire de la zone euro, et à quelques jours du verdict de la Cour fédérale allemande, le 12 septembre, sur la légalité du MES. Il comptait aussi insister auprès de la chancelière sur la nécessité de mesures visant à réduire les différentiels de taux d'emprunts (spread) au sein de la zone euro, après la campagne de critiques dont a fait l'objet la BCE en Allemagne pour ses rachats de titres de la dette souveraine. Dans une interview, la veille, au quotidien Il Sole 24 0re, il avait expliqué que les niveaux élevés du spread pénalisent non seulement les États comme l'Italie et leurs entreprises, qui sont contraints de se financer à un coût trop élevé, mais qu'ils font peser aussi un risque d'inflation pour des pays qui, comme l'Allemagne, « semblent en tirer parti » momentanément. À l'issue de la rencontre, les deux dirigeants ont exprimé leur confiance dans les mesures en cours: « Avec les instruments adéquats, nous pourrons stabiliser l'euro et le rendre plus fort », a indiqué Mme Merkel, confirmant toutefois son opposition à la licence bancaire au MES, l'estimant, comme Mario Draghi, « incompatible avec les traités européens ». Mario Monti a tempéré ce jugement, estimant que « ce qui n'est pas possible actuellement, pourrait l'être dans d'autres conditions ». (FG)

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