Bruxelles, 29/05/2012 (Agence Europe) - Les Européens tenteront de convaincre leurs partenaires internationaux de la solidité de la zone euro, lors du prochain sommet du G20 à Los Cabos (Mexique) les 18 et 19 juin qui aura lieu au lendemain d'élections législatives cruciales en Grèce. « Nous réaffirmerons notre engagement à préserver la stabilité financière dans la zone euro et son intégrité. Nous dirons aussi clairement que nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements. Finalement, nous informerons nos partenaires sur le processus en cours visant à renforcer notre union économique afin de la rendre proportionnée à l'union monétaire », déclarent les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso, dans une lettre conjointe adressée aux leaders européens vendredi 25 mai. Une déclaration qui réitère, ni plus ni moins, les engagements renouvelés lors du Conseil européen informel (EUROPE n°10619).
Dans le prolongement du Sommet de Cannes de novembre 2011, le G20 est appelé à faire un état des lieux sur la mise en œuvre du Plan d'action sur la croissance et l'emploi (EUROPE n°10490). Les Européens insisteront sur l'importance que les membres du G20 soient davantage redevables de leurs engagements. Ils feront valoir l'importance de leur marché unique, « notre plus important levier pour la croissance », selon les deux dirigeants, qui fera l'objet d'un approfondissement avec des propositions spécifiques de la Commission dans « les secteurs des services et des industries de réseaux ». Ils évoqueront aussi les discussions sur un accroissement du capital de la BEI ainsi que l'accord sur le lancement d'une phase pilote de 'project bonds' pour faciliter le financement de grands projets d'infrastructure. Soulignant « l'inquiétude majeure » que représente « la poussée récente du protectionnisme » commercial, M. Van Rompuy et M. Barroso souhaitent que le G20 renforce son mécanisme de surveillance et donne « une forte impulsion » à la partie de l'agenda de Doha visant à faciliter le commerce avec les pays en voie de développement.
En matière de réglementation financière, les Européens accueilleront favorablement l'accord sur l'augmentation, à hauteur de 430 milliards de dollars, des contributions de pays membres du FMI, en attendant celle des 'BRICS' (EUROPE n°10600). Ils feront valoir l'augmentation de leur pare-feu financier à 700 milliards d'euros en combinant l'utilisation des deux fonds de sauvetage européen (FESF et MES). Selon eux, les membres du FMI devraient se tenir prêts à entamer « des discussions constructives » sur la révision des quotas de l'organisation financière internationale. L'UE mettra par ailleurs en avant les progrès réalisés en matière d'encadrement de la sphère financière (négociations interinstitutionnelles sur les exigences en capital, accord politique sur les produits dérivés). Elle estime que des progrès sont nécessaires sur d'autres questions financières encore considérées comme moins prioritaires par le G20, telles que le système bancaire parallèle, les agences de notation financière et la convergence des normes comptables. (MB)