Bruxelles, 16/05/2012 (Agence Europe) - Le Commissaire européen à l'Élargissement Stefan Füle lance officiellement l'Agenda positif dans les relations entre l'Union européenne et la Turquie, jeudi 17 mai. « Nous voulons déclencher un nouveau cercle vertueux dans les relations UE-Turquie », a-t-il déclaré mercredi 16 mai. Il a précisé que le but de cet agenda consistait à « donner un nouvel élan au processus d'adhésion de la Turquie ». « L'objectif de l'Agenda positif est de réaliser des progrès concrets dans un certain nombre de domaines d'intérêt commun où de tels progrès sont à la fois nécessaires et faisables ». Comme par exemple l'harmonisation de la législation turque avec le droit communautaire, le commerce et l'union douanière, la politique étrangère, l'énergie ou la mobilité des Turcs dans l'UE. Un premier ensemble de 8 groupes de travail, chacun sur un chapitre spécifique de l'acquis communautaire ont été mis en place. Celui sur le pouvoir judiciaire et les droits fondamentaux sera le premier à être lancé ce jeudi.
Mardi 15 à Bruxelles, le vice-Premier ministre Ali Babacan a rappelé que son pays était « non pas seulement toujours intéressé à rentrer dans l'UE mais fortement déterminé à y rentrer », malgré la crise que l'Europe traverse. Il a néanmoins précisé que son pays ne pouvait pas, pour l'instant, ouvrir d'autres chapitres. Certains chapitres sont bloqués par le Conseil, d'autres unilatéralement par la France et Chypre, tandis qu'Ankara ne souhaite pas en ouvrir trois (compétitivité, marchés publics, politique sociale).
Avancées françaises
Cependant, selon le journal turc Hürriyet Daily News, des diplomates européens et turcs auraient reçu de la France, à la suite de l'élection présidentielle, des signaux positifs quant au déblocage des 5 chapitres bloqués par l'ancien gouvernement de M. Sarkozy. Selon des médias turcs, le chapitre sur les politiques monétaires pourrait être ouvert avant la fin, en juin, de la présidence danoise. Une gageure car la France ne prendra pas de décision avant les élections législatives (7 et 17 juin). Si cela n'est pas possible, il faudra alors attendre 2013 car le gouvernement turc a déjà précisé qu'aucun chapitre ne serait ouvert sous présidence chypriote de l'UE car la Turquie ne reconnait pas le pays et ne veut pas de contact avec lui.
Mercredi, la ministre des Affaires étrangères chypriote Erato Kozakou-Marcoullis a annoncé que son pays ne bloquerait pas l'ouverture de chapitres débloqués par la France. Elle a précisé qu'elle soutient le « futur européen de la Turquie » et est « prête à coopérer avec la Commission européenne si la Turquie décide de travailler dans cette direction ». Si la Turquie décide de passer au « Plan B », c'est-à-dire à « quelque chose entre la reconnaissance de deux États séparés ou encore une possible annexion de Chypre nord à la Turquie », ou si la Turquie continue de menacer la zone économique exclusive chypriote, Chypre demandera au Conseil de réagir, a cependant assuré Mme Kozakou-Marcoullis. (CG)