Bruxelles, 20/03/2012 (Agence Europe) - Des députés européens s'offusquent de voir le nom de Dominique Strass-Kahn figurer sur l'agenda d'une conférence organisée au Parlement européen. Ils demandent à son président, Martin Schulz, de préserver la réputation et le sérieux de l'institution, et d'annuler la venue de Dominique Strauss-Kahn ou de reprogrammer l'événement en dehors des bâtiments européens. Une pétition circulerait à ce sujet, et des associations de femmes seraient mobilisées.
Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du FMI est invité a participer à un débat organisé par le groupe EU40 et dédié à la crise financière le 27 mars prochain, aux côtés de MM. Trichet et Juncker. Sa présence soulève un tollé au sein du Parlement européen. L'eurodéputée Véronique De Keyser (belge, S&D) a ouvert le feu en publiant sa lettre adressée à Martin Schulz, contresignée par la vice-présidente du PE, Isabelle Durant (Verts/ALE, belge) et Zita Gurmaï (S&D, hongroise). Sans vouloir interférer avec la présomption d'innocence et le droit à la libre expression ni cautionner une « ingérence moralisatrice dans la vie privée de chacun », les députées estiment cependant que l'invitation faite à M. Strauss-Kahn « est à proprement parler indécente ». Mme De Keyser y rappelle que la règle stipulant que les activités organisées au sein du Parlement européen ne doivent pas causer de troubles. Or « les réactions légitimes que Dominique Strauss-Kahn suscite partout où il se produit aujourd'hui » provoqueront certainement des troubles, poursuit Mme De Keyser, qui enjoint dès lors à M. Schulz d'user de son autorité pour éviter de tels troubles dans l'enceinte parlementaire.
Derk Jan Eppink (CRE, belge) a également interpellé le président du Parlement européen, jugeant la présence de M. Strauss-Kahn le 27 mars « inappropriée et prématurée ». Craignant que la réputation de l'institution puisse être écornée en « offrant une plateforme de réhabilitation d'une figure publique toujours sujette à une enquête criminelle » ouverte à son encontre, M. Eppink suggère que l'événement soit organisé ailleurs qu'au PE. Une autre députée belge, Anne Delvaux (PPE), dit « Non à la présence de DSK au Parlement européen! » et souhaite que « l'enceinte de l'hémicycle européen ne serve pas de tremplin médiatique au parfum de scandale ». Du côté français, Constance Le Grip (PPE) y revient sur son compte Twitter, assurant s'associer à ses collègues pour protester contre la venue de M. Strauss-Kahn. Plus décalé, son collègue Philippe Boulland (PPE, français) note que « le Parlement européen, loin d'être une maison close n'est pas forcément ouvert à toutes les compromissions ». (MD)