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Bulletin Quotidien Europe N° 10531
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) hongrie

Orban prêt à modifier un peu sa loi sur la banque centrale

Bruxelles, 13/01/2012 (Agence Europe) - Sous la pression notamment de l'UE et du FMI (Fonds monétaire international), le gouvernement hongrois semble se montrer un peu plus conciliant en annonçant vendredi 13 janvier qu'il est disposé à modifier partiellement sa loi controversée sur la banque centrale nationale. « À propos des arguments juridiques de l'UE concernant la nouvelle loi hongroise sur la banque centrale, le gouvernement hongrois est d'accord avec un certain nombre d'entre eux et je ne vois pas d'obstacles à les adopter », a déclaré le Premier ministre conservateur hongrois, Viktor Orban, à la radio nationale MR1 vendredi matin. « Cependant, il y en a d'autres, où les positions sont encore éloignées », a-t-il ajouté.

Le 1er janvier, une nouvelle constitution est entrée en vigueur en Hongrie, qui renforce l'influence du gouvernement sur la banque centrale du pays ainsi que sur d'autres institutions, dont la justice, et qui constitue « une dérive autoritaire », selon ses détracteurs.

Viktor Orban avait déjà indiqué qu'il était prêt à discuter d'une révision de la loi controversée sur la banque et l'a explicitement confirmé vendredi, peu après que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, eut indiqué à Washington que son institution était prête à soutenir la Hongrie mais qu'elle avait besoin pour cela de « preuves tangibles » de la bonne volonté de Budapest.

Mme Lagarde avait rencontré auparavant le négociateur hongrois, Tamas Fellegi, ce dernier étant chargé des discussions avec le FMI et l'UE en vue d'obtenir un crédit de 15 à 20 milliards d'euros pour renflouer les caisses de l'État hongrois au bord de la banqueroute et qui se finance sur le marché international à des taux d'intérêt insupportables sur le long terme.

Le FMI et l'UE avaient interrompu une visite exploratoire à Budapest à la mi-décembre pour protester contre l'adoption de la réforme de la Banque centrale. La question de la Banque centrale hongroise avait été évoquée jeudi à Francfort aussi par la Banque centrale européenne (BCE). Le président de la BCE, l'Italien Mario Draghi, avait déclaré que son institution était « vraiment très préoccupée » par la réforme de la constitution décidée en Hongrie, qui pourrait menacer l'indépendance de la banque centrale nationale.

Le porte-parole du commissaire européen Olli Rehn a déclaré vendredi: « Nous sommes en contact étroit avec nos partenaires du FMI à tous les niveaux. M. Rehn a été ces derniers jours en contact avec Mme Lagarde sur plusieurs questions, pas simplement sur la Hongrie d'ailleurs. Nous partageons la déclaration du FMI qui comporte des éléments que l'on retrouve dans notre communication, surtout s'agissant des conditions nécessaires pour lancer les pourparlers sur un programme de précaution d'assistance financière. Attendons la rencontre entre M. Rehn et M. Fellegi», vendredi prochain 20 janvier.

Le porte-parole de M. Rehn a ajouté que « nous avons dit à maintes reprises que l'indépendance de la banque centrale est une condition nécessaire » au lancement des négociations sur un programme d'aide en faveur de la Hongrie. L'analyse juridique de la Commission européenne est en cours, a-t-il rappelé, et la Commission, gardienne des traités, « doit s'assurer que les lois sur la banque centrale sont conformes à l'article 130 du traité ».

Mardi 17 janvier à Strasbourg, la Commission pourrait décider lors de sa réunion hebdomadaire d'envoyer à la Hongrie des lettres de mise en demeure (première étape de la procédure d'infraction) lui intimant de modifier ses lois portant atteinte à l'indépendance de la justice et de la banque centrale du pays. (LC)

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