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Bulletin Quotidien Europe N° 10508
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) consommateurs

L'EFSA confirme la validité de son avis sur le bisphénol A

Bruxelles, 02/12/2011 (Agence Europe) - S'agissant du bisphénol A, cette substance chimique principalement utilisée pour la fabrication de plastiques et de résine, déjà interdite dans les biberons, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) persiste et signe: à ce stade, son avis scientifique de 2010 qui confirmait la dose journalière tolérable (DJT) de 0,05 mg / kg, est toujours valable et ne nécessite nul réexamen. C'est la teneur de la déclaration publiée le 1er décembre par l'EFSA, en réponse à la demande que lui avait faite la Commission européenne de se prononcer sur les possibles divergences de vues entre l'avis de l'EFSA sur le BPA et les rapports publiés en septembre 2011 par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Rappelons que l'Anses avait mis en évidence des effets sur la santé du BPA, avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme même à de faibles niveaux d'exposition (problème de fertilité féminine, pathologies cardiovasculaires et diabète).

Les experts du groupe scientifique de l'EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (dit groupe CEF) considèrent que les informations contenues dans le rapport de l'Anses ne justifient pas une modification de l'avis de 2010, car, selon eux, le travail de l'Anses était circonscrit à une identification du danger, tandis que l'EFSA a réalisé une évaluation complète des risques associés au BPA. La dose journalière tolérable (DJT) pour le bisphénol A, établie par l'EFSA pour la première fois en 2006, a été fixée de façon à protéger toutes les populations humaines - y compris les groupes les plus vulnérables comme les femmes enceintes et allaitantes, les nourrissons et jeunes enfants - pour une exposition à cette substance par l'intermédiaire du régime alimentaire pendant toute une durée de vie, affirme l'EFSA.

Ayant réalisé l'examen liminaire de la littérature scientifique récente sur le BPA dans le cadre du programme de surveillance permanente mis en place par l'EFSA, le groupe CEF confirme, comme il l'avait fait en 2010, que des incertitudes subsistent quant à la pertinence éventuelle pour la santé humaine de certains effets associés au BPA à faibles doses observés chez des rongeurs. Mais il ne réexaminera son avis qu'après avoir analysé de nouvelles études et lorsque de nouvelles données provenant d'études en cours aux États-Unis sur le BPA à faibles doses seront disponibles en 2012. Un groupe de travail de l'EFSA, composé d'experts pluridisciplinaires est actuellement mis en place pour analyser les nouvelles études et données scientifiques à mesure qu'elles sont rendues disponibles.

Corinne Lepage appelle au respect du principe de précaution. Echaudée mais non surprise par cette déclaration de l'EFSA l'eurodéputée Corinne Lepage (ADLE, française), vice-présidente de la commission parlementaire de l'Environnement et de la Santé, s'impatiente. Elle qui avait demandé à la Commission européenne d'agir d'urgence pour protéger au plus vite les populations vulnérables contre les dangers pour la santé du Bisphénol A (EUROPE n° 10463), persiste et signe au nom du principe de précaution.

« La Commission a eu raison de demander à l'EFSA de réexaminer les effets du BPA. La décision de l'EFSA n'est malheureusement pas une surprise pour moi. On se demande quelles catastrophes devront se produire pour que les experts changent d'avis », a-t-elle déclaré le 1er décembre. Compte-tenu du fait que l'EFSA 'reconnaît que certaines incertitudes demeurent', elle ajoute: « Je presse la Commission européenne d'appliquer le principe de précaution. Je lui demande de proposer dans les meilleurs délais des mesures pour protéger les couches les plus vulnérables de la population (nourrissons, jeunes enfants, femmes enceintes et allaitantes) et de préparer une approche par étape pour une interdiction progressive d'utiliser le BPA, comme c'est déjà prévu en France. Je demande aussi à la Commission de travailler avec les États membres pour lancer une campagne d'information en application du principe de précaution.

La DJT, qui est au cœur de l'avis scientifique de l'EFSA sur le BPA, est une estimation de la quantité d'une substance, exprimée sur la base du poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute la durée d'une vie sans risque appréciable pour la santé. (AN)

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