Bruxelles, 02/12/2012 (Agence Europe) - Si elle va officialiser l'entrée de trois nouveaux membres, le Vanuatu, les îles Samoa et la Russie, la 8ème conférence ministérielle de l'OMC, du 15 au 17 décembre à Genève, va par-dessus tout entériner un constat d'échec, l'impossibilité de conclure dans les délais - la fin 2011 - convenus au plan mondial, en particulier au sein du groupe des économies industrialisées et émergentes du G20, les négociations multilatérales du round de Doha, lancé en 2001 et consacrées au développement.
Transmis le 1er décembre par le Conseil de l'OMC au ministre du Commerce du Nigeria Olusegun Olutoyin Aganga, qui présidera la 8ème conférence ministérielle de l'OMC, les éléments ayant fait l'objet d'un consensus entre les délégations pour les orientations politiques, qui figureront dans la déclaration finale des ministres, traduisent l'échec retentissant des membres à sceller un accord multilatéral aux vertus salvatrices, selon ses défenseurs, pour une planète en quête de sortie de crise et de croissance.
Bien entendu, les ministres du Commerce des 153 pays membres vont rappeler leur attachement à un système commercial multilatéral fondé sur des règles, système qu'il faudra toutefois « renforcer et mieux adapter à un environnement économique mondial actuel difficile », ainsi qu'à l'ouverture des marchés, étant convenu que « le protectionnisme tend à accentuer le ralentissement de l'économie mondiale ». Les ministres réaffirmeront en outre la place « centrale » du développement dans les travaux de l'OMC, et la nécessité pour l'OMC d'aider à intégrer davantage dans le système commercial multilatéral les pays en développement, en particulier les PMA et les petites économies vulnérables. Sera également réaffirmée « leur volonté de traiter le coton de manière ambitieuse, rapide et spécifique », une question essentielle pour certains PMA.
Mais les ministres vont surtout inscrire sur papier leur constat d'échec, « regrettant profondément que, malgré un engagement total et des efforts redoublés depuis [fin 2009] pour conclure l'engagement unique dans le cadre de l'agenda de Doha pour le développement, les négociations soient dans l'impasse ». « Les ministres reconnaissent qu'il y a des différences notables de point de vue quant aux résultats possibles que les pays membres peuvent obtenir dans certains domaines (…) Dans ce contexte, il est peu probable que tous les éléments du round puissent être conclus simultanément dans un avenir proche », admettra leur déclaration finale. Assurant de leur engagement à « œuvrer activement » pour une « conclusion positive » du round, les ministres reconnaîtront la « [nécessité d'étudier] (…) différentes approches de négociation, en respectant les principes de la transparence et de l'inclusion ». Et promettront de « redoubler d'efforts pour étudier les moyens (…) de sortir des impasses les plus critiques dans les domaines où la convergence multilatérale est la plus difficile ». Toujours dans « le plein respect de la dimension développement du mandat ». (EH)