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Bulletin Quotidien Europe N° 10406
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/grÈce

Implication du secteur privé, plusieurs options sur la table

Bruxelles, 27/06/2011 (Agence Europe) - Les créanciers publics et privés de la Grèce ont envisagé les différentes manières de faire contribuer 'volontairement' les créanciers privés aux coûts d'un deuxième sauvetage de la Grèce, lundi 27 juin à Rome lors d'une réunion de l'Institut international de la Finance (IIF). « Plusieurs options » sont envisagées dans le cadre de discussions décentralisées entre les autorités nationales et le secteur privé, a indiqué le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, en confirmant la participation au niveau technique de la Commission européenne à cette réunion. Ces discussions servent aussi à cerner le niveau d'exposition du secteur privé à la dette souveraine grecque, au premier rang duquel les institutions financières allemandes et françaises.

Le Conseil européen a repris à son compte la déclaration de l'Eurogroupe selon laquelle un deuxième plan d'aide à la Grèce est nécessaire et impliquera le secteur privé « sous la forme de refinancements volontaires et informels de la dette grecque existante et arrivant à maturité » (principe du 'roll over') tout en évitant un défaut, même partiel, du pays (EUROPE n°10405).

En accord avec leur superviseur national, les banques françaises suggèrent de réinvestir 70% des remboursements de la dette souveraine grecque, a révélé Le Figaro. La moitié serait réinvestie sur de la dette à 30 ans, le reste dans un fonds rémunéré. En Espagne et en Allemagne, des refinancements à plus brève échéance, autour de cinq ans, sont évoqués. Désireux de ne pas entrer dans les détails des modalités de la participation du secteur privé, le porte-parole de M. Rehn n'a pas certifié qu'une seule option devra être arrêtée puis appliquée dans toute l'UE afin d'éviter les distorsions de concurrence entre créanciers privés. Compte-tenu des montants en jeu, la participation du secteur privé sera inévitablement « substantielle ». Cette implication pourrait atteindre une trentaine de milliards d'euros, sur une aide d'environ 110 milliards.

Cette semaine est cruciale pour l'avenir immédiat de la Grèce et de l'Eurozone. Le parlement grec inaugure, ce mardi, le débat sur la stratégie budgétaire 2001-2014 du gouvernement de Georges Papandréou et les mesures additionnelles d'austérité réclamées par les créanciers institutionnels en échange du versement d'une tranche d'aide de 12 milliards d'euros et de la finalisation du deuxième sauvetage financier. Les députés grecs voteront mardi sur la stratégie de consolidation des finances publiques qui vise, à travers des économies de 28 milliards d'euros, à ramener le déficit public de 10,5% en 2010 à moins de 3% d'ici 2014. Ils voteront d'ici jeudi sur le contenu des mesures préconisées qui ont été finalisées vendredi.

Le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos est parvenu à apporter quelques modifications au volet fiscal, en accord avec la troïka (UE, BCE, FMI), comme l'a confirmé la Commission par voie de communiqué. En Grèce, le seuil d'imposition des revenus passera de 12 000 à 8 000 euros, mais il épargnera les moins de 30 ans et les plus de 65 ans aux revenus inférieurs au seuil actuel. Cette bouffée d'oxygène pour les catégories vulnérables sera notamment compensée par la création d'une taxe exceptionnelle de solidarité de 1% à 5% qui frappera progressivement les plus hauts revenus, et d'une taxe annuelle d'environ 300 euros pour les professions libérales et les auto-entrepreneurs. Un rejet des deux textes menacerait la participation de la Grèce à l'Eurozone, a prévenu M. Venizélos. Il risquerait de provoquer la faillite mi-juillet du pays. L'Eurogroupe se réunira dimanche 3 juillet pour faire le point sur la situation en Grèce. (M.B.)

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