Bruxelles, 01/06/2011 (Agence Europe) - Venus mardi 31 mai à Bruxelles pour défendre le devenir de la politique de cohésion, les présidents des Régions de France ont plaidé pour la reconduction de masses financières identiques pour la politique de cohésion et pour le maintien des enveloppes PAC.
« Nous ne sommes pas budgétivores ! Nous disons: maintien des fonds sur la politique de cohésion », a affirmé Jean-Yves Le Drian, vice-président de l'ARF (Association des Régions de France) en charge des questions européennes et président de la CRPM (Conférence des Régions périphériques maritimes) devant quelques journalistes. À l'intérieur de cette enveloppe, puisqu'il y a des régions qui sortent de la convergence et qui vont passer dans le phasing out (une sorte de sas de transfert d'un dispositif très favorable à un dispositif moins favorable et qui concerne les régions dont le PIB/habitant se situe entre 75% et 90% du PIB moyen UE) pour une partie d'entre elles, il va se créer une position de régions intermédiaires sur le même montant. On parle ici de la manière de gérer les fonds de cohésion, a insisté Jean-Yves Le Drian. « C'est une position ferme, nette, claire et simple ».
Face à cela, deux inquiétudes se font jour pour les Régions de France, a noté Jean-Yves Le Drian: (1) la non-reconnaissance des régions intermédiaires. La diminution du paquet global au profit d'autres paquets. Les Régions de France sont en divergence sur ce point avec le gouvernement français qui dit « tout pour la PAC ». Les Régions sont pour le maintien des enveloppes pour la PAC et la cohésion, a martelé le président de l'ARF précisant qu'à l'intérieur du paquet de cohésion, « on peut répondre à ce montant » ; (2) devant les nécessités des politiques européennes - télécoms, énergie, transports - que les Régions de France soutiennent, on utilise le Fonds de cohésion pour aborder la création de ces fonds sectoriels. «Nous disons oui aux fonds sectoriels, non à l'amputation du budget », a insisté Jean-Yves Le Drian.
Les présidents des Régions de France ont rencontré les différents acteurs clés des procédures budgétaires de l'UE, notamment Danuta Hübner (PPE, polonaise), présidente de la commission du développement régional du Parlement européen, Pervenche Berès (S&D, française), présidente de la commission emploi et affaires sociales du PE, les commissaires Laszlo Andor (emploi, affaires sociales, inclusion) et Johannes Hahn (politique régionale). Ils leur ont remis une déclaration dans laquelle les Régions de France notamment: - appellent de nouveau à la poursuite d'une politique ambitieuse en la matière après 2013 dans le cadre d'un budget européen rénové reposant sur une ou plusieurs ressources propres dynamiques, susceptibles de redonner une plus grande autonomie financière à l'UE ; - enjoignent à la Commission, aux États membres et au PE de renoncer dès à présent à un scenario de repli qui ferait de la politique régionale la variable d'ajustement des futures perspectives financières ; - plaident pour une approche conciliant le développement de la politique de cohésion et des politiques internes avec la modernisation et l'adaptation des politiques communautaires historiques et fondamentales ; - insistent sur la nécessité d'une approche spécifique et équitable pour l'ensemble des régions intermédiaires afin de conforter leur dynamique de développement. À ce titre, cette catégorie de régions devra bénéficier d'un soutien financier accru, d'un taux de cofinancement plus élevé et de la possibilité de financer davantage certaines infrastructures en matière de transports, d'énergie et de TIC ; - demandent le maintien de la politique régionale à un niveau au moins équivalent à celui de la période actuelle pour les régions dont le PIB/habitant dépasse les 90% de la moyenne communautaire. (G. B.)