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Bulletin Quotidien Europe N° 10391
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/afrique

Partenariat revigoré pour la démocratie et la croissance

Bruxelles, 01/06/2011 (Agence Europe) - À en croire Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine, et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, la cinquième réunion annuelle entre la Commission européenne et la Commission de l'UA (31 mai-1er juin à Bruxelles), qui s'est achevée sur l'adoption d'une déclaration conjointe, s'est déroulée dans la parfaite concorde. Unis pour appuyer le vent démocratique qui souffle sur l'Afrique du Nord, mais aussi sur la Côte d'Ivoire, le Niger et la République de Guinée - trois pays qui, pour cette raison précisément, étaient invités lors du sommet du G8 à Deauville, a précisé M. Barroso -, ils sont tout aussi déterminés à mettre le partenariat stratégique liant l'UE et l'Afrique depuis 2007 au service de la croissance et du développement durable des deux continents, un développement qui permette d'atteindre les objectifs du millénaire à l'horizon 2015. L'appui de la Commission européenne à l'initiative pour la transparence des industries extractives en Afrique, confirmé lors de cette rencontre par l'annonce d'une législation prochaine de l'UE, et l'espoir des deux parties de parvenir à une position commune via une déclaration conjointe Afrique-UE avant la conférence climatique onusienne de Durban (Afrique du Sud) en décembre prochain, en sont des gages. Des nuances existent, certes, dans la conception qu'ont l'UA et l'UE d'une sortie de crise en Libye, mais il ne saurait être question de divergences de vues: c'est à une solution politique qu'il faut travailler, a précisé Jean Ping, en parlant de « parfaite concordance de vues » et d'un partenariat « exemplaire » entre les deux Commissions.

« Cette rencontre annuelle est devenue un élément clé de notre agenda intercontinental basé sur le plan d'action 2011-2013, adopté au sommet UE/Afrique l'an dernier (Tripoli, fin novembre). Aujourd'hui notre partenariat est plus que jamais d'actualité. Dans un monde de plus en plus intégré, nos futurs sont inéluctablement liés. Ensemble, nous pourrons accomplir de réels progrès pour nos peuples ». Et ce, « en nous attaquant aux défis sans frontières ; en créant davantage de possibilités pour le commerce, les investissements et le développement, en nous attelant aux aspirations pour plus de démocratie, de liberté et de justice sociale », a déclaré José Manuel Barroso, à l'issue de la session plénière. Saluant « le haut niveau de convergence, il a ajouté: « Il est plus évident que jamais que nous avons besoin de démocratie et de croissance, pour un développement qui soit durable ».

Les prévisions de croissance de 5 et 6% en Afrique sont, selon lui, de bon augure, et c'est sur cet élan qu'il faut capitaliser pour rendre cette croissance plus inclusive et durable. « L'Afrique est en mouvement, et je suis convaincu que nous ne pourrons récolter le potentiel de l'Afrique au bénéfice de sa population si nous parvenons à relier l'avenir de l'Afrique et l'économie mondiale. Il va de soi que l'Europe - en tant que partenaire principal - est très intéressée par la réussite du développement de ce continent », a expliqué M. Barroso. L'UE est aussi « le donateur le plus généreux » (en témoignent le milliard d'euros supplémentaires affectés à la réalisation des OMD, et le milliard d'euros alloué à la Facilité alimentaire pour aider 50 millions de personnes dans 50 pays à nourrir les communautés locales, a indiqué le président Barroso). Et en tant que tel, une responsabilité majeure lui incombe « de garantir que la croissance ait le maximum d'impact sur la réduction de la pauvreté ».Pour assurer que « les ressources de l'Afrique soient au service de la stabilité et de la prospérité » du continent, la Commission présentera des propositions législatives en octobre prochain « pour contraindre les entreprises à rendre publique l'information sur leurs activités dans les pays en développement, et ainsi, garantir une distribution équitable des ressources nationales ».

S'agissant des soulèvements démocratiques dans les pays arabes, M. Barroso s'est félicité du soutien de l'UA à la démocratisation dans la région. « L'Union africaine a clairement un rôle de chef de file à jouer », a-t-il dit. Invité à se prononcer sur l'aide demandée par le G8 à la Russie pour négocier l'avenir de Kadhafi, Jean Ping a répondu: « Tous ceux qui peuvent aider à résoudre la situation sont les bienvenus. Si la Russie est prête à contribuer à une solution, elle est la bienvenue. Regardez notre feuille de route du 10 mars (feuille de route de l'UA: NDLR), soit dix jours avant la résolution 1973 du Conseil de sécurité, tout y est et tout est encore d'actualité aujourd'hui ». Interrogé sur les frustrations de l'Afrique subsaharienne que le G8 se soit beaucoup penché sur les pays du printemps arabe, et moins sur les autres pays au Sud du Sahara, M. Ping a rappelé que l'UA a toujours déploré cette division. « Nous avons toujours plaidé pour un seule Afrique. Le problème en Libye se répercutera sur la Mauritanie, le Niger, le Mali, le Soudan, la Somalie, pas sur le Qatar ! Nous voulons que cela soit pris en compte. » Le président de la Commission de l'UA a rejeté l'idée que la voix de l'UA à propos de la Libye (demande de cessez-le feu, puis transition démocratique, quand l'UE demande le départ de Kadhafi avant la transition) ne soit pas entendue. « Il y a convergence de vues. Nous avons expliqué notre position à Washington, à Londres, à Bruxelles à Rome. Nous recherchons une solution politique pour sortir de la crise. Et nous pensons que là nous avons une contribution fondamentale à apporter. Nous avons le sentiment d'une très grande compréhension de ce que nous préconisons », a-t-il affirmé. Et lors de sa rencontre, le 31 mai, avec Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'OTAN, ce n'était « pas un sujet qui fâche ». (A.N.)

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