Bruxelles, 20/05/2011 (Agence Europe) - Les délégués syndicaux de 36 pays ont adopté jeudi 19 mai le « Manifeste d'Athènes ». Ce document sera la feuille de route de l'organisation pour les années 2011-2014. La Confédération européenne des syndicats (CES) y dénonce le danger du « Pacte Euro Plus », d'application pour la zone euro et six autres économies, qui a d'importantes implications, particulièrement en matière de salaires. Elle affirme que les salaires ne sont pas l'ennemi de l'économie mais en sont le moteur, que l'autonomie des partenaires sociaux dans les négociations collectives et salariales doit être respectée.
La CES est déterminée à combattre: - « la puissance montante de l'extrême droite et de ses alliés nationalistes bornés » et à militer pour une Europe sociale. La CES agira dans ce but lors des prochaines élections parlementaires européennes ; - le chômage, les inégalités croissantes, le travail précaire et la gouvernance de l'austérité. Elle se mobilisera pour la croissance et le développement durable, oeuvrera pour davantage de force syndicale et d'adhérents, développera une réponse conjointe face à un marché du travail européen de plus en plus intégré.
La Confédération syndicale s'engage en outre à: - se battre pour un « New Deal » européen en faveur des travailleurs, contre la gouvernance de l'austérité pour une gouvernance économique européenne au service des peuples européens et non des marchés ; - exiger un plan coordonné contre le chômage des jeunes avec des garanties en matière d'accès à l'éducation, à la formation et aux emplois ; - donner la priorité à l'amélioration des conditions de travail de tous les travailleurs européens.
La CES exigera également une régulation efficace et rigoureuse des marchés financiers et des agences de notation, la fin des paradis fiscaux, une taxe sur les transactions financières et l'arrêt des rémunérations, des parachutes dorés et des bonus excessifs des dirigeants. Elle fera également campagne pour que les droits sociaux fondamentaux aient priorité par rapport aux libertés économiques, et donc garantir ce principe dans un protocole de progrès social dans les traités européens, dans une directive sur le détachement des travailleurs révisée et dans une réglementation du marché intérieur connue sous le nom de Monti II. (G.B.)