Bruxelles, 20/05/2011 (Agence Europe) - Le Conseil « Éducation » du 20 mai a adopté une recommandation sur les politiques de réduction de l'abandon scolaire et tenu un débat sur les politiques de prévention mises en place par les États membres pour lutter contre le décrochage scolaire des enfants issus de milieux défavorisés, en particulier les Roms. Seul le Royaume-Uni s'est abstenu de voter le texte « pour un point précis, qui ne remet pas en cause sa volonté de lutter contre le décrochage scolaire », a précisé la commissaire à l'Éducation Androulla Vassiliou. « Réduire les abandons scolaires ne concerne pas seulement le monde de l'éducation. (…) Pour réaliser les objectifs fixés, il faudra impliquer toutes les sphères (…) et garantir les ressources financières nécessaires », a indiqué pour sa part la ministre hongroise de l'Éducation Rózsa Hoffmann.
Le taux d'enfants âgés de moins de 15 ans est de 35,7% chez les Roms contre une moyenne européenne de 15,7%, or le taux d'échec scolaire chez ces enfants est très élevé, a rappelé la commissaire Vassiliou: « On ne peut perdre ces jeunes et ignorer leur potentiel (…) chaque enfant mérite une éducation de qualité qui réponde à ses besoins et lui permette de développer ses talents », a-t-elle souligné, ceci pour mettre fin aux inégalités socio-économiques qui se perpétuent de génération en génération. Mme Vassiliou s'est réjouie des conclusions adoptées la veille, au Conseil « Emploi et Affaires sociales », pour un cadre stratégique relatif à l'intégration des Roms, qui complètent les propos des ministres de l'Éducation. La réduction des abandons scolaires est l'une des deux priorités de la Commission européenne en matière d'éducation de la stratégie EUROPE 2020. L'objectif est de passer sous la barre des 10% d'ici 2020. Actuellement, ce taux est de 14,4% en moyenne avec de fortes variations entre les États membres puisque ce taux peut avoisiner 30% chez certains et seulement 5% chez d'autres. Les efforts doivent viser en particulier les jeunes issus de l'immigration où le taux d'abandon scolaire est deux fois plus élevé que celui des jeunes autochtones. La Déclaration invite les États membres à mettre en place des politiques efficaces, qui proposent des mesures préventives et visent à éviter que ne s'instaurent les conditions favorisant l'abandon scolaire. Leur responsabilité première est d'adopter une approche ciblée en fixant des objectifs à l'échelle de l'UE pour l'intégration des Roms et ce dans quatre domaines essentiels: l'accès à l'éducation, l'emploi, les soins de santé et le logement. Dans la foulée, Mme Vassiliou a annoncé qu'elle allait lancer un programme pour les trois ans à venir afin de former un millier de personnes issues des communautés Roms qui agiront comme médiateurs afin de faire le lien entre leurs communautés et les services sociaux et scolaires. « Le moment est venu d'agir », a affirmé la commissaire. (I.L.)