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Bulletin Quotidien Europe N° 10365
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

Rome et Paris veulent accroître la pression sur Kadhafi

Bruxelles, 26/04/2011 (Agence Europe) - « Il est, plus que jamais, nécessaire d'accroître la pression militaire sur les centres de commandement, les troupes et les infrastructures de Kadhafi » pour mettre fin aux pressions qui pèsent sur les populations civiles dans l'ensemble de la Libye, affirment le Premier ministre italien Silvio Berlusconi et le président français Nicolas Sarkozy dans une déclaration sur la Libye et la Méditerranée adoptée lors du sommet franco-italien qui s'est tenu mardi 26 avril à Rome. Le colonel Kadhafi « doit partir », le peuple libyen doit pouvoir s'engager dans un processus politique inclusif piloté par les Libyens eux-mêmes, poursuivent-ils, soulignant que le Conseil national de transition libyen (CNT), qui est le « le représentant légitime du peuple libyen » a un « rôle central à jouer dans ce processus politique ». Les autres pays sont également appelés à « renforcer leur aide au CNT ». Les deux pays, qui participent déjà aux opérations aériennes conduites en application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, se disent aussi prêts à mobiliser des « moyens matériels et humains » dans le cadre de l'opération de politique de sécurité et de défense commune EUFOR Libye dès qu'une demande de soutien sera formulée par les Nations unies. Ils soutiennent activement la planification en cours de l'opération EUFOR Libye par l'état-major international basé à Rome. Afin d'assurer que Kadhafi n'ait plus aucun accès aux recettes pétrolières et gazières du pays, la France et l'Italie appellent tous les États et tous les opérateurs du marché pétrolier à refuser toute opération de commercialisation ou de transport d'hydrocarbures qui puisse avantager le régime de Kadhafi, ainsi que toute livraison de produits pétroliers bruts ou raffinés, qui peuvent contribuer aux attaques contre la population.

Relance de l'UPM. La France et l'Italie se disent également « désireuses d'agir en faveur d'une relance de l'Union pour la Méditerranée, plus que jamais indispensable pour favoriser des relations de coopération fondées sur des projets concrets et structurants, et d'y travailler ensemble en vue de créer un espace commun de paix et de prospérité partagées en Méditerranée ». Paris et Rome demandent aussi un « renforcement substantiel » de l'aide de l'UE en direction du Sud de la Méditerranée, que ce soit par l'augmentation des crédits de la BEI, l'accroissement des moyens bilatéraux accordés par l'UE (Instrument européen de voisinage et de partenariat), l'extension du champ d'intervention de la BERD aux pays de la rive sud de la Méditerranée, la mise en place d'un nouvel instrument financier international consacré au développement économique solidaire par le soutien des PME et de la création d'emplois ou la facilitation des

échanges économiques et commerciaux entre les deux rives. Cette ambition et cette priorité au voisinage méridional devront être pleinement prises en compte dans les propositions de la Commission sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'UE, affirment-ils.

Immigration. Dans ce cadre, la France et l'Italie considèrent que les questions migratoires doivent constituer une « donnée structurante » du nouveau partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée qui doit être établi entre l'UE et les pays du Sud de la Méditerranée. La lutte contre l'immigration irrégulière doit à ce titre représenter un « impératif commun aux partenaires des deux rives de la Méditerranée, indissociable des autres termes d'un partenariat ambitieux ». La France et l'Italie travailleront ensemble à titre bilatéral et dans le cadre de l'UE, pour soutenir et engager les partenaires de la rive Sud à coopérer pleinement, aussi bien dans la gestion de leurs frontières que pour la réadmission des migrants. (H.B.)

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