Bruxelles, 26/04/2011 (Agence Europe) - Aux niveaux de l'Union européenne et de l'Eurozone, les efforts de réduction des déficits publics ont commencé à porter leurs fruits en 2010 alors que l'endettement public a augmenté. Les situations nationales varient sensiblement, les difficultés demeurant importantes dans les trois pays de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal) ayant sollicité une aide financière internationale. Tels sont les principaux enseignements des chiffres des finances publiques nationales certifiés pour 2010 que l'Office statistique de l'Union européenne (Eurostat) a publiés mardi 26 avril. « Il est essentiel, dans les difficultés que nous traversons, d'avoir des chiffres fiables à 100% », a déclaré le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Il a estimé que cet exercice, effectué tous les six mois par Eurostat, ne révélait « rien de particulièrement irrégulier ». A notamment été clarifiée la classification statistique de certains actifs financiers toxiques.
De 2009 à 2010, le déficit public moyen s'est réduit par rapport au PIB: il est passé respectivement de 6,3% à 6% dans la zone euro et de 6,8% à 6,4% dans l'UE. En 2010, les déficits les plus élevés ont été observés en Irlande (32,4%), en Grèce (10,5%), au Royaume-Uni (10,4%), en Espagne (9,2%), au Portugal (9,1%), en Pologne et en Slovaquie (7,9%). En Allemagne et en France, ils ont atteint respectivement 3,3% et 7%. La Suède était à l'équilibre et l'Estonie a affiché un faible excédent budgétaire (0,1%).
En Grèce, les chiffres sont plus mauvais que prévu puisqu'Eurostat s'attendait à un déficit public de 9,6% en novembre dernier (EUROPE n°10266). Pointant le fait qu'entre 2009 et 2010 la réduction du déficit grec a été la plus importante (près de 5%) dans l'Eurozone, les autorités grecques énoncent les raisons pour lesquelles le déficit 2010 est plus élevé qu'attendu: baisse des recettes fiscales due à une récession plus aiguë, des finances publiques locales détériorées ainsi que des contributions sociales et des dépenses hospitalières accrues. Elles réitèrent les engagements budgétaires fixés dans le programme d'austérité mis en œuvre en échange de l'aide financière. « Ne pas faire face aux ajustements budgétaire et économique serait beaucoup plus grave. Les chiffres sont toujours préoccupants mais ils s'améliorent », a considéré le porte-parole de M. Rehn. Il a souligné les bienfaits potentiels en termes de compétitivité du programme de privatisation censé rapporter 50 milliards d'euros. Au Portugal, le déficit public est, là encore, plus élevé que les 7,3% estimés à l'automne dernier par Eurostat, notamment à cause de la comptabilisation de concessions autoroutières. Une donnée qui sera « prise en compte » dans les négociations relatives à l'aide financière au Portugal, a indiqué le porte-parole de M. Rehn. Quant à l'Irlande, les finances publiques ont surtout été plombées par le sauvetage du secteur bancaire national, une dépense qui n'apparaîtra qu'une fois dans les comptes publics.
Dette publique. Entre 2009 et 2010, la dette publique moyenne par rapport au PIB national a augmenté dans la zone euro comme dans l'UE, passant respectivement de 79,3% à 85,1% et de 74,4% à 80%. Les pays les plus endettés sont les suivants: la Grèce (142,8%), l'Italie (119%), la Belgique (96,8%), l'Irlande (96,2%), le Portugal (93%), l'Allemagne (83,2%) et la France (81,7%). Les plus bas niveaux d'endettement ont été observés en Estonie (6,6%), en Bulgarie (16,2%) et au Luxembourg (18,4%). (M.B.)