Bruxelles, 07/01/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne, comme l'ensemble de la communauté internationale, a les yeux rivés sur le Soudan dont l'avenir se jouera dimanche 9 janvier, avec le référendum d'autodétermination du Sud-Soudan qui se déroulera jusqu'au 15 janvier. La plupart des analystes pronostiquent l'indépendance du Sud qui recèle 70% des ressources pétrolières du pays. Le référendum sur le statut d'Abyei, région riche en pétrole située à la lisère du nord et du sud du pays, initialement prévu pour dimanche aussi, a finalement été reporté, au risque d'un nouveau conflit.
L'UE qui, à la demande de la Commission Sud-Soudan, observe le processus référendaire, a déboursé 6 millions d'euros pour les questions liées au référendum - « une étape importante dans la mise en œuvre de l'accord de paix global de 2005 » - qui a mis fin à 22 ans de guerre civile entre le nord et le sud, a rappelé Catherine Ashton, la haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE lors de la dernière session du Conseil Affaires étrangères sous présidence belge (EUROPE n° 10277). Dès novembre, l'UE a participé au suivi de la phase d'enregistrement des électeurs, et c'est là une première. Quelque 4 millions de ressortissants du Sud-Soudan se sont enregistrés.
Pendant toute la période de transition vers ce référendum, l'Union européenne a, sans relâche, appelé toutes les parties à respecter le verdict des urnes, quel qu'il soit, et assuré qu'elle était prête à aider l'ensemble du Soudan au-delà du référendum. La promesse faite le 4 janvier par le président soudanais Omar El Bachir de donner au sud du pays « tout ce dont il a besoin » en cas de partition du pays est de nature à la satisfaire, pour peu qu'elle soit tenue. Au sein de la Task force sur le Soudan que préside Rosalind Marsden, l'UE s'est préparée à tous les scénarios pour apporter son appui humanitaire et sécuritaire au pays après le référendum. À ce stade, c'est sur le front humanitaire qu'elle devrait principalement intervenir. Le comité politique et de sécurité (COPS) de l'UE procédera le 11 janvier prochain à la première analyse de la situation post-référendum.
La mission d'observation électorale (MOE) de l'UE, composée de 110 observateurs et conduite par l'eurodéputée Véronique de Keyser (S&D belge), est déployée depuis le 20 décembre. L'équipe centrale, qui compte 10 analystes, est à pied d'œuvre à Khartoum et Juba pour coordonner la mission. Elle présentera un rapport préliminaire et des recommandations détaillées deux jours après le référendum. Son rapport final est attendu une fois le processus achevé. Suite à l'accord de paix global, l'UE a mobilisé pour le Soudan 665 millions d'euros d'aide au développement en faveur du Soudan. Plus de 779 millions d'euros d'aide humanitaire ont été accordés au pays depuis 2003. (A.N.)