Bruxelles, 07/01/2011 (Agence Europe) - La perspective de l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen fin mars 2011 semble s'éloigner un peu plus. Selon l'AFP, de premiers rapports d'experts relatifs aux contrôles des frontières de ces deux pays s'avéreraient « négatifs », la Bulgarie en particulier étant dans l'incapacité de contrôler sa frontière avec la Turquie. Une lacune qui justifierait que les 27 ne pourront intégrer ce pays et par conséquent, la Roumanie. Vendredi, ni la présidence hongroise, ni le Conseil ne confirmaient ces rapports mais pour certaines sources, il est « clair que l'accession des deux pays à Schengen ne se fera pas en mars ». La France et l'Allemagne ne sont pas les seuls à juger cette entrée prématurée, « une douzaine d'États au moins étant de cet avis ».
La Hongrie a quant à elle réitéré hier son objectif d'obtenir cet élargissement pendant sa présidence. Lors de sa rencontre à Budapest avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le premier ministre Viktor Orban a rappelé que l'accession de la Roumanie et de la Bulgarie restait prioritaire, la Hongrie souhaitant parvenir avant la fin juin à une position claire des 27.
Selon un diplomate, c'est toujours « à la présidence hongroise de fixer l'agenda du Conseil JAI des 24 et 25 février ». Mais comment mettre sur la table cette décision alors que presque « la moitié des États-membres a un problème avec cet élargissement? ». Lors de l'informelle JAI fin janvier à Budapest, les discussions devraient éventuellement porter sur les modalités de ce report de l'entrée dans Schengen, « en ne donnant pas forcément un nouveau calendrier mais en insistant surtout sur les critères exigés ».
Toujours est-il que cela réduit les espoirs de la Roumanie et de son président Traian Basescu qui vient de s'employer à calmer les hostilités lancées en début de semaine par son ministre des Affaires étrangères Teodor Baconschi. Traian Basescu a en effet assuré que son pays n'avait pas l'intention de bloquer l'entrée de la Croatie ni de se retirer du Mécanisme de coopération et de vérification (CVM). Pas suffisant, semble-t-il. (Cor.)