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Bulletin Quotidien Europe N° 10286
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/roumanie

Bucarest ne peut pas se soustraire au système de surveillance

Bruxelles, 04/01/2011 (Agence Europe) - La Roumanie qui, comme la Bulgarie, est soumise depuis son adhésion en 2007 à une surveillance spéciale de l'UE en matière de réforme du système judiciaire et de la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, ne peut pas unilatéralement sortir de ce 'mécanisme de coopération et de vérification' (MCV), a affirmé mardi 4 janvier le porte-parole de la Commission. Il réagissait ainsi à des propos tenus la veille par le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, qui avait dit que Bucarest envisageait de quitter unilatéralement le MCV à cause du lien que font l'Allemagne et la France entre les réformes qui restent à faire dans le cadre du mécanisme d'une part, et l'adhésion du pays à l'espace Schengen, d'autre part. Paris et Berlin demandent en effet que la décision sur l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen soit reportée jusqu'après l'été 2011, estimant que les deux pays ne sont pas encore prêts et que des progrès « irréversibles » restent à faire en ce qui concerne la lutte contre la corruption et la criminalité organisée.

Le gouvernement roumain ne peut pas accepter que l'UE « change les règles du jeu » en ce qui concerne l'adhésion à l'espace Schengen, souligne M. Baconschi dans une interview donnée au quotidien Adevarul le 3 janvier. Selon lui, Bucarest remplit déjà les conditions techniques que les pays membres ont dû remplir dans le passé pour rallier l'espace Schengen. Créer un lien supplémentaire entre l'entrée dans Schengen et le mécanisme de coopération et de vérification est inadmissible car il ferait du MCV un « handicap » pour la Roumanie ou encore un « prétexte pour faire pression dans d'autres domaines », s'est plaint le ministre roumain des Affaires étrangères. Dans ce cas, « nous devons réfléchir très sérieusement si cela vaut la peine de continuer ainsi » ou s'il ne faudrait pas « dénoncer de manière unilatérale » ce mécanisme, a déclaré M. Baconschi. Pas possible de quitter le MCV unilatéralement, répond la Commission. « La fin du MCV devra être décidée par la Commission après que les quatre critères ('benchmarks', fixés en 2006) auront été remplis. La meilleure manière d'y arriver serait de rester politiquement engagé en faveur des réformes et de poursuivre la coopération étroite entre les autorités roumaines et la Commission », a dit le porte-parole de la Commission devant la presse. Sortir du MCV ne serait pas dans l'intérêt de la Roumanie non plus « car de nombreuses réformes (entreprises ces quatre dernières années) n'auraient pas été possibles sans le MCV, a-t-il ajouté.

« Le MCV pas un précédent pour la Croatie ». Dans son interview, le ministre roumain a aussi indiqué que son pays pourrait réclamer que la Croatie, très probablement le prochain pays à adhérer à l'UE, soit soumise au même MCV que la Roumanie et la Bulgarie en 2007. « Nous soutenons l'élargissement de l'UE aux Balkans occidentaux », mais, dans le cas de la Croatie, « nous ne pouvons pas accepter que cela se fasse sans ce mécanisme de surveillance, alors qu'il est maintenu pour nous », a dit M. Baconschi. La Commission, en revanche, « espère ne pas devoir mettre en place un tel mécanisme pour la Croatie ». « Le MCV pour la Bulgarie et la Roumanie ne devrait pas constituer un précédent » pour la Croatie et les autres futurs pays adhérents qui seront tous traités « sur base de leur mérite propre », a dit le porte-parole de la Commission. (H.B.)

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