Bruxelles, 04/01/2011 (Agence Europe) - L'UE s'achemine-t-elle vers de nouvelles sanctions contre le Bélarus et son président Alexandre Loukachenko ? Le sujet, qui a fait l'objet de discussions pendant la trêve de Noël, devrait être abordé dès ce vendredi 7 janvier par les ambassadeurs lors de la réunion du comité politique et de sécurité. Il sera également mis à l'ordre du jour du prochain Conseil « Affaires étrangères » prévu le 31 janvier à Bruxelles, a précisé la Commission, Conseil qui se penchera sur les conséquences des événements du 19 décembre sur les relations entre l'UE et le Bélarus.
Lundi et mardi, c'est dans la presse que l'Allemagne et la Suède ont ouvert en premier les hostilités contre le vainqueur contesté de l'élection présidentielle du 19 décembre dernier et à l'origine de l'arrestation d'opposants politiques. Les deux pays demandent un débat au niveau des 27 (l'unanimité est requise sur ce sujet) et se sont dits prêts à rétablir des sanctions contre le pouvoir de M. Loukachenko, via un éventuel renouvellement de l'interdiction de visa pour le président biélorusse et d'autres officiels.
En 2006, le président Loukachenko s'était en effet déjà vu opposer une interdiction de visa ainsi qu'un gel des avoirs au terme d'élections présidentielles déjà contestées. Trente-quatre officiels avaient par ailleurs été inclus dans cette liste noire de l'UE après l'arrestation à l'époque d'Alexander Kozulin, candidat à la présidentielle, rappelle la Commission. Les sanctions européennes ne prévoyaient pas alors de volet économique afin de ne pas pénaliser l'ensemble du pays. Deux ans plus tard, en 2008, le bloc européen levait cependant ces mesures de rétorsion après la libération par le pouvoir biélorusse de plusieurs prisonniers politiques. (Cor.)
L'ESU dénonce l'arrestation d'étudiants - L'Union des étudiants européens (ESU) condamne l'arrestation et l'emprisonnement de 18 étudiants lors des manifestations de protestations ayant suivi l'élection d'Alexandre Loukachenko comme président du Bélarus. Ces arrestations se sont poursuivies jusqu'après Noël. L'ESU a envoyé une lettre à la commissaire responsable de l'éducation, de la culture et de la jeunesse Androulla Vassiliou dans laquelle elle dénonce cette situation et ses craintes de voir les arrestations se poursuivre, mettant en danger la liberté des universités et l'autonomie institutionnelle du Bélarus. Cette situation doit interpeller l'Union européenne et tous les pays participant au processus de Bologne, alors que le ministère de l'éducation du Bélarus a évoqué la possibilité de participer au processus dans un futur proche, souligne l'ESU. « Il y va du droit à l'éducation, de la liberté académique et de la liberté d'expression et d'association de tous ces étudiants et aucun État signataire de l'Espace européen de l'enseignement supérieur ne peut tolérer cette attaque de nos valeurs », souligne l'ESU dans sa lettre. L'Association des étudiants demande par conséquent à Mme Vassiliou d'intervenir, en présentant une requête en urgence auprès du ministre de l'Éducation du Bélarus Alexandr Mikhailovich Radkov, lui demandant de ne pas expulser des universités les étudiants qui ont pris part aux manifestations du 19 décembre. La commissaire est aussi invitée à mobiliser les États membres de l'Union européenne sur ces événements afin de protéger les valeurs européennes. (I.L.)