Bruxelles, 07/09/2010 (Agence Europe) - Un consensus sur une prise en compte insuffisante des consommateurs à travers le processus de libéralisation du marché intérieur de l'énergie entamé depuis une décennie s'est nettement dessiné lors du débat sur les aspects de la politique énergétique de l'UE liés aux consommateurs, qui a animé les travaux de la première journée du Conseil informel Énergie sous Présidence belge, lundi 6 septembre à Bruxelles. Dirigeant les travaux, Paul Magnette s'est félicité de la volonté affichée par ses collègues européens de tenir davantage compte des intérêts des consommateurs, à l'occasion, « pour la première fois en dix ans », d'un « vrai débat sans tabou » sur le fonctionnement de la libéralisation. Dans l'exercice de ses fonctions, le ministre fédéral belge de l'Énergie n'a jamais hésité à critiquer les aspects négatifs de la libéralisation de l'énergie pour le consommateur, estimant qu'il n'a, à ce stade, pas conduit à plus de transparence dans le secteur énergétique ou à une baisse des prix pour les consommateurs. Une préoccupation qui fut, selon M. Magnette, partagée par nombre de ses collègues lundi. À la lumière d'un rapport sur le marché intérieur présenté par l'ex-commissaire européen Mario Monti, les ministres de l'Énergie ont fait le constat commun d'une prise en compte insuffisante des intérêts des consommateurs, en matière de facturation, de choix de fournisseurs comme de capacité à faire appel à un médiateur indépendant en cas de litige. Dans le contexte de l'année européenne consacrée à la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, la Présidence belge a donc saisi l'opportunité d'examiner au niveau ministériel le phénomène de la pauvreté énergétique, phénomène grandissant puisque, selon l'estimation la plus basse, plus de 50 millions de citoyens européens se trouvent aujourd'hui dans l'incapacité de maintenir un niveau adéquat de confort dans leur logement, ont des factures énergétiques impayées ou ne peuvent réaliser les investissements minimums en matière d'efficacité énergétique. Après cette journée de débat, la Présidence a conclu que cette thématique doit continuer à figurer parmi les priorités de l'agenda politique européen et promis d'œuvrer activement à la formation et l'information des consommateurs. M. Magnette a en outre fait bon accueil à la proposition de la Commission européenne d'élaborer un rapport en vue du Conseil Énergie du 2 décembre prochain et qui permettra à la fois d'élaborer une définition cadre du consommateur vulnérable, d'harmoniser au niveau européen les méthodes statistiques pour mieux quantifier l'ampleur de la précarité énergétique, de lister les politiques énergétiques européennes existantes susceptibles de contribuer directement ou indirectement à la prise en compte des intérêts des consommateurs et de favoriser l'échange de bonnes pratiques entre États membres, et de créer une table ronde des médiateurs de l'énergie visant à discuter des synergies en matière de protection des consommateurs. (E.H.)