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Bulletin Quotidien Europe N° 10152
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La Commission annonce un nouveau retard pour le SIS II

Luxembourg, 03/06/2010 (Agence Europe) - La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a officiellement annoncé, jeudi 3 juin, aux ministres de l'Intérieur, que la nouvelle date estimative pour le démarrage du SIS II est désormais prévue pour le 31 mars 2013, soit un retard d'environ un an et demi sur le calendrier précédent. Quant aux coûts supplémentaires, qui seront confirmés en octobre, ceux-ci devraient avoisiner les 28 millions d'euros, en plus des 55 millions déjà dépensés et sans compter les coûts nationaux, qui ne sont pas communiqués par les États (EUROPE n° 10149). Un premier test du système a été passé avec succès en mars et un second test grandeur nature est prévu en 2012. « Nous avons testé la fiabilité du système au stade actuel pour savoir si nous pouvions continuer et la réponse est oui. À la fin, ce sera une Ferrari et le second test sera déterminant », a indiqué la Commission. Mais tout le monde n'est pas convaincu. « Nous avons déjà dépensé 55 millions d'euros pour construire un prototype actuellement inutilisable », a raillé un diplomate, à propos du projet. En effet, plusieurs pays sont réticents quant à la poursuite de l'aventure SIS II et annoncent des coûts bien supérieurs à ceux annoncés par la Commission, comme l'Autriche, l'Allemagne et, dans une moindre mesure, la France. La ministre autrichienne de l'Intérieur, Maria Theresia Fekter, a ouvertement critiqué la Commission pour son manque de travail sur la question: « Les deux pages rendues par la Commission sont inacceptables. Il n'y a aucun plan budgétaire et pas de calendrier complet », a déploré la ministre, précisant pour sa part qu'un budget total de 90 millions d'euros avait déjà été dépensé « sans résultats ». Pour sa défense, Mme Malmström a rétorqué que le nouveau calendrier était le fruit des discussions des experts nationaux. « Il s'agit d'une décision pas politique, mais purement technique qui se fonde sur la décision des experts des États membres », a-t-elle dit, indiquant qu'elle reviendrait sur cette question en octobre. De son côté, l'Allemagne a exprimé d'« énormes doutes » quant à possibilité pour le SIS II de voir le jour. « La meilleure solution serait de travailler sur la solution de remplacement », a jugé le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière. Selon lui, le SIS II a déjà coûté pas moins de 143 millions d'euros. (B.C.)

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