Bruxelles, 25/05/2010 (Agence Europe) - Le COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE) et la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE) ont appelé la Commission européenne « à faire preuve de la plus grande prudence » dans sa gestion du marché laitier européen, après sa récente décision de vendre une large partie des stocks d'intervention. Selon ces organisations, le marché reste très fragile et les agriculteurs « ne pourraient plus faire face à une nouvelle chute de leur revenu ».
Après le feu vert du comité de gestion compétent jeudi dernier, la Commission européenne a publié samedi 22 mai au Journal officiel de l'UE les règlements portant ouverture de la vente de beurre et de lait écrémé en poudre par voie d'adjudication (EUROPE n° 10144).
Pekka Pesonen, le secrétaire général du COPA-COGECA, explique que même si l'on a observé « quelques améliorations » de la situation du marché des produits laitiers depuis la grave crise de l'année dernière, « le marché laitier reste très sensible à toute nouvelle décision ». Le prix moyen payé pour leur lait aux producteurs européens ne dépasse toujours pas les 27 à 28 cents/litre, « ce qui ne constitue pas une grande amélioration par rapport à l'année dernière ». Il rappelle que les revenus des agriculteurs de l'UE ont en moyenne chuté de 11,6% l'année dernière et que les producteurs laitiers sont de plus en plus préoccupés par l'extrême volatilité des prix. « Nombre d'entre eux n'ont pas encore ressenti les bénéfices de la hausse des prix des produits de base sur le marché européen et le marché mondial et sont encore sous pression en raison de prix bas et de coûts de production élevés », souligne encore Pekka Pesonen.
Prévenir un exode rural. La Commission vient d'ouvrir la possibilité de vendre une part « considérable » des stocks laitiers d'intervention publique. « Nous l'invitons donc à faire preuve de toute la prudence qui s'impose dans la façon dont elle écoulera les volumes sur le marché à l'avenir et à garantir que le prix de vente ne soit pas inférieur au prix actuel du marché, afin d'éviter toute baisse des prix du lait », demandent les agriculteurs européens. Il est demandé à la Commission d'être « attentive » aux quantités de lait écrémé en poudre susceptibles de faire l'objet d'une adjudication. « En cas de mauvaise gestion, cela pourrait avoir un effet de distorsion de la concurrence. Les agriculteurs ne peuvent tout simplement plus faire face à de nouvelles pressions sur les prix ou sur leur revenu », précise le secrétaire général du COPA-COGECA. Ces organisations ont envoyé une lettre à la Commission pour l'inviter à s'assurer « de la gestion raisonnable des stocks » de lait et de produits laitiers, afin de « garantir la survie des producteurs et de prévenir un exode des zones rurales de l'UE ». (L.C.)