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Bulletin Quotidien Europe N° 10142
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/numÉrique

La Commission dévoile une stratégie numérique précise et ambitieuse pour que l'Europe rattrape son retard sur ses concurrents

Bruxelles, 19/05/2010 (Agence Europe) - L'Europe ne peut plus tergiverser. Si elle veut rattraper le retard sur ses concurrents (États-Unis, Japon, Corée du Sud notamment) en matière de développement de nouvelles technologies, elle doit absolument agir. Neelie Kroes, commissaire responsable de l'agenda numérique a présenté, mercredi 19 mai, une communication qui dévoile une stratégie numérique ambitieuse, afin de contribuer au développement d'une croissance économique saine, durable et inclusive en Europe. Cette stratégie numérique est la première des sept initiatives phares prises dans le cadre de la stratégie UE 2020. « Le monde numérique nous touche tous, on n'a pas le choix. Mais nous pouvons décider d'utiliser ces changements pour encourager la croissance européenne, les emplois et le bien-être de nos citoyens. C'est la décision que prend la Commission aujourd'hui et nous appelons tous ceux qui participent à l'avenir numérique de l'Europe à nous épauler dans notre démarche », a souligné Mme Kroes.

Aujourd'hui, le marché unique du numérique n'existe pas, mais plutôt des marchés nationaux fragmentés qui empêchent la diffusion de biens et de services au-delà des frontières. La Commission recense sept obstacles importants qui, pris individuellement ou combinés, sapent les efforts pour exploiter pleinement les possibilités offertes par les technologies de l'information et des communications (TIC): cloisonnement des marchés numériques, manque d'interopérabilité, augmentation de la cybercriminalité et risque de défiance vis-à-vis des réseaux, manque d'investissements dans les réseaux, insuffisance des efforts de recherche et d'innovation, manque de compétences numériques, occasions manquées de relever des défis sociétaux. La Commission veut agir sur tous ces fronts et décrit, dans sa stratégie, sept priorités d'action à même de renverser la vapeur. Ces objectifs sont les suivants:
1) créer un nouveau marché unique permettant de bénéficier des avantages de l'ère numérique: afin de faire bénéficier les Européens des services commerciaux et des contenus culturels par-delà les frontières, la Commission compte ouvrir l'accès au contenu en ligne légal en simplifiant l'acquittement et la gestion des droits d'auteur et l'octroi de licences transnationales. Une démarche que Neelie Kroes entreprendra « main dans la main » avec Michel Barnier, commissaire au marché intérieur. Parmi les autres actions figurent des mesures pour faciliter les paiements et la facturation électroniques et simplifier le règlement des litiges en ligne. 2) Améliorer la normalisation et l'interopérabilité dans le domaine des TIC: pour pouvoir créer, combiner et innover, il faut disposer de produits et de services TIC ouverts et interopérables. 3) Renforcer la confiance et la sécurité: afin d'attirer la confiance des Européens, la Commission préconise de mieux coordonner les réactions au niveau européen en cas de cyber-attaque et de renforcer les règles relatives à la protection des données personnelles. 4) Améliorer l'accès des Européens à l'Internet rapide et ultrarapide: l'objectif fixé pour 2020 est l'accès à l'Internet à une vitesse d'au moins 30 Mégabytes par seconde pour tous les Européens, avec des connexions internet de plus de 100 Mbps pour la moitié des ménages. Aujourd'hui, seuls 1% des Européens disposent d'une connexion à haut débit par fibre optique contre 12% des Japonais et 15% des Sud-Coréens. La Commission étudiera notamment les possibilités d'attirer des capitaux pour les investissements dans le haut débit grâce à des mécanismes de rehaussement du crédit et encouragera les investissements dans les réseaux à fibre optique. 5) Stimuler la recherche de pointe et l'innovation: actuellement, le budget consacré à la recherche sur les TIC dans l'Union européenne représente moins de la moitié des investissements réalisés par les États-Unis dans ce domaine (37 milliards d'euros contre 88 milliards d'euros en 2007). La Commission voudrait voir se développer des investissements privés grâce à des fonds régionaux européens et augmenter le budget de la recherche dans les TIC afin que l'Europe puisse réellement concurrencer ses rivaux. 6) Doter tous les Européens de compétences numériques et leur donner accès à des services en ligne: 30% des Européens n'ont encore jamais utilisé l'Internet. Tous les Européens, quels que soient leur âge et leur origine sociale, doivent pouvoir disposer de compétences suffisantes pour profiter des avantages de l'ère numérique, à l'heure où le commerce, l'accès à l'administration publique et aux services sociaux et de santé, l'apprentissage et la vie politique se font de plus en plus en ligne. 7) Libérer le potentiel des TIC pour en faire bénéficier la société: une exploitation intelligente des TIC sera très utile pour trouver des solutions permettant de réduire la consommation d'énergie, aider les personnes âgées, responsabiliser les patients et améliorer le quotidien des personnes handicapées.

« Sommes-nous ambitieux ? Oui ! Sommes-nous irréalistes ? Non ! Nous le ferons », a conclu la commissaire Kroes. Le plan d'action est là. Le plus ardu sera désormais de faire en sorte que les mesures nécessaires à la réalisation des objectifs précités soient rapidement adoptées et mises en œuvre. Un certain nombre de commissaires collaboreront avec les institutions de l'UE et les parties intéressées pour que la stratégie numérique devienne une réalité, assure la Commission. (I.L.)

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