Bruxelles, 19/05/2010 (Agence Europe) - Le Parlement européen a opté pour une approche rigoureuse et disciplinée à l'égard de ses dépenses, en adoptant, mardi 18 mai à Strasbourg, son état prévisionnel des recettes et des dépenses pour l'exercice 2011.
En adoptant le rapport d'Helga Trüpel (Verts/ALE, allemande), le PE fixe son budget à 1,706 milliard d'euros, ce qui représente un taux d'augmentation de 5,5 % (par rapport à 2010) et un pourcentage de 20,28 % de la rubrique 5 (dépenses administratives de toutes les institutions). Il dit vouloir encore « cerner les économies possibles, avant l'établissement du budget final à l'automne 2010 ». Il rappelle que ses dépenses devraient être fixées autour du seuil traditionnel de 20 % (de la totalité de la rubrique 5).
Le PE dit comprendre que, dans le contexte de l'affaire relative aux salaires en souffrance devant la Cour de justice, le montant correspondant à l'impact global pour le Parlement en 2011, qui pourrait s'élever à quelque 12 millions d'euros en cas d'arrêt de la Cour qui serait favorable à la Commission, est inclus dans la proposition, en étant réparti sur plusieurs lignes budgétaires.
Questions liées au traité de Lisbonne. Le PE approuve la création d'une réserve spécifique, d'un montant de 9,4 millions d'euros, pour les 18 nouveaux députés.
Organigramme général. Le PE souligne qu'outre les 68 postes demandés en rapport avec le Traité de Lisbonne et les 62 postes liés à l'élargissement (y compris 11 postes pour les groupes), 17 postes sont demandés pour achever la deuxième année du plan triennal relatif à la DG INLO (Infrastructures et logistique) adopté dans le cadre de la procédure 2010, ainsi que 30 postes pour d'autres domaines qui n'ont pas pu être couverts, même après le redéploiement de 20 postes identifiés comme susceptibles d'en faire l'objet pour 2011, ce qui porte à 180 le total des nouveaux postes.
Bâtiments. Le PE note qu'un préfinancement direct de la phase initiale de construction du nouveau bâtiment KAD, d'un montant de 10 200 000 euros, a été prévu sur la ligne budgétaire relative aux redevances emphytéotiques dans la proposition du Bureau; reconnaît qu'un tel préfinancement volontaire peut contribuer à réduire les coûts de financement mais, compte tenu de la marge de manœuvre extrêmement réduite pour 2011, décide d'inscrire un montant inférieur, à savoir 6 200 000 euros, à cette fin dans l'état prévisionnel. Il entend réévaluer ce montant à l'automne 2010, sur le fondement d'informations actualisées sur la situation budgétaire et des évolutions dans la politique immobilière du Parlement.
Environnement. Le PE exprime son soutien à la poursuite des mesures visant à réduire encore l'empreinte carbone du Parlement. Il soutient, par ailleurs, les mesures incitatives visant à utiliser les transports publics plutôt que les voitures individuelles ainsi que la mise à disposition de davantage de vélos à Strasbourg. Il fait remarquer que la dotation du poste budgétaire relatif aux frais de voyages des députés est en fait plus élevée que celle destinée aux salaires, et souligne la nécessité d'une utilisation responsable des indemnités, en particulier des frais de voyage (il faut trouver d'autres moyens de transport que le transport aérien en classe affaire pour les déplacements entre les lieux de travail du Parlement).
Assurer le bon fonctionnement du Traité de Lisbonne avec ce que cela comporte en nouvelles tâches et responsabilités pour le Parlement, mais se montrer responsables dans un moment de crise qui touche tout le monde: ces deux exigences ont été le fil rouge du bref débat sur ce thème.
Le socialiste slovaque Vladimir Manka a reconnu qu'il faut faire des économies, mais sans entraver le travail du Parlement. Un aspect du budget rectificatif (au budget 2010) qui suscite des visions est la demande d'augmenter de 1500 euros le budget pour les assistants des parlementaires. Il faut les mettre en réserve, selon Helga Trüpel. Son groupe (Verts/ALE) plaide pour toute une série d'économies: plus de vols en classe affaire pour les trajets courts, moins de voitures de fonctions et davantage de vélos à Strasbourg. Ce débat a fourni à quelques-uns l'occasion de réitérer leur demande de prendre la décision qui, à leur avis, permettrait d'un seul coup des économies énormes: ne plus siéger à Strasbourg. C'est le cas du non-inscrit néerlandais Daniël van der Stoep et du conservateur britannique Geoffrey van Orden, qui prône en plus la fermeture des bureaux du Parlement européen dans les capitales. (L.C/L.G.)