Bruxelles, 07/05/2010 (Agence Europe) - « La BEI a trouvé une réponse très rapide et efficace lorsque la crise a commencé. Elle a intensifié ses activités, par exemple en fournissant des prêts accrus aux PME. En fait, la BEI a fait le plein usage de chaque capacité disponible, stimulant ainsi la réalisation du plan européen de relance économique ». C'est en ces termes que s'est exprimé l'eurodéputé hongrois Tamás Deutsch (PPE), lors du débat précédant le vote à main levée par le Parlement européen, jeudi 6 mai, de son rapport sur les activités de la Banque en 2008. M. Deutsch a par ailleurs fait valoir que la BEI devrait être pleinement impliquée dans la stratégie UE2020. En augmentant le volume de ses prêts, la BEI a réussi à réagir rapidement à la crise financière mondiale, ont estimé les députés, qui se référaient au rapport annuel sur les activités de la Banque en 2008 (EUROPE n° 10086). Tout en se félicitant également des améliorations en matière de protection des dénonciateurs et de lutte contre la fraude, ils ont réclamé davantage de transparence au niveau de l'attribution de prêts globaux.
Dans la résolution qu'ils ont adoptée, les députés se félicitent du suivi systématique par la BEI, au cours de ces dernières années, des recommandations du Parlement ainsi que d'un nouvel ensemble de règles sur la protection des personnes dénonçant des abus ainsi que de la politique de tolérance zéro de la Banque face à la fraude et à la corruption. Le Parlement demande toutefois à la BEI d'examiner les possibilités de fournir également une protection contre des représailles pour les plaignants extérieurs et d'accélérer la mise en place d'une liste noire des fraudeurs.
Préoccupés par l'absence de transparence dans la manière dont les prêts globaux sont attribués et contrôlés, les députés ont invité la Banque à demander aux intermédiaires financiers qu'ils rendent publique toute utilisation des prêts globaux et des prêts cadres qu'ils reçoivent.
Afin d'améliorer le soutien aux PME, les députés ont invité la BEI, dans le contexte actuel de crise économique et de chômage, à prendre davantage de risques dans sa politique de prêts en faveur des PME mais « sans compromettre sa notation AAA » et en « ne s'épargnant aucun effort pour simplifier les réglementations complexes et bureaucratiques de certains projets ».
Le Parlement a également demandé à la BEI et aux États membres d'examiner la possibilité pour l'UE (à laquelle le Traité de Lisbonne confère la personnalité juridique) de devenir actionnaire de la Banque aux côtés des États membres, ce qui serait, selon eux, propice à une coopération renforcée entre la BEI et la Commission.
Les députés ont aussi fait valoir que l'action extérieure de la BEI devrait être en ligne avec les objectifs politiques de l'UE tels que stipulés dans les traités et suggéré une division claire du travail pour les régions où l'activité de la BEI peut faire double emploi avec celle d'autres institutions financières. Ils ont également demandé une révision de l'actuel accord de coopération conclu entre la Commission, la BEI et la BERD concernant les opérations de financement dans les pays du voisinage oriental, en Russie et en Asie centrale. (O.L.)