Bruxelles, 07/05/2010 (Agence Europe) - Le Parlement européen a estimé, mercredi 5 mai à Bruxelles, que les activités agricoles et forestières dans l'Union européenne peuvent « contribuer à la réalisation des objectifs d'atténuation du changement climatique fixés par l'Union », en apportant des solutions et une aide à la réduction des émissions de GES (gaz à effet de serre), en encourageant le stockage du carbone dans les sols, en développant la production d'énergies renouvelables durables et en maximisant la fonction de photosynthèse.
En adoptant (sans amendement) le rapport de Stéphane Le Foll (S&D, français) sur l'agriculture de l'UE et le changement climatique, le PE dit aussi que l'agriculture biologique, le pâturage extensif et les pratiques de production intégrée constituent quelques-unes des « solutions de remplacement pour une production agricole plus écologique ». Le PE demande que la future PAC (politique agricole commune) encourage des pratiques contribuant à améliorer l'efficacité et le potentiel d'atténuation des émissions de GES de l'agriculture ainsi que la séquestration de carbone (rotation des cultures, préservation et développement du boisement, meilleure gestion des sols et des minéraux, modernisation des exploitations agricoles, valorisation énergétique de la biomasse intégrée à la production alimentaire, plantation d'arbres et de cultures herbacées produisant de l'énergie sur des terrains inondables, dans des zones humides, sur des terrains sablonneux et dans des zones moins propices à l'agriculture). Le PE préconise la mise en place d'une politique forestière européenne commune « même de promouvoir une gestion et une production durables des forêts et de mieux valoriser les apports de la filière bois et son développement économique, ce secteur étant celui qui contribue le plus à la captation du carbone ».
Mesures d'adaptation de l'agriculture européenne aux conséquences du réchauffement. Le PE souligne que l'agriculture européenne s'adapte, et qu'elle doit continuer à s'adapter aux conséquences des modifications climatiques. Selon le PE, la PAC doit être centrée sur une gestion plus durable et plus efficace des ressources, ce qui doit se traduire par: - une gestion optimale des ressources en eau (systèmes d'irrigation plus efficaces, utilisation d'eau recyclée, pratiques visant à économiser l'eau dans les champs, retenues collinaires, etc.), responsabilisation des utilisateurs ; - le choix de variétés, notamment sélectionnées pour leur robustesse face aux incidents extrêmes, et une rotation des cultures adaptées en fonction de la sécheresse, des maladies, etc. ; - la protection des sols (en garantissant leur matière organique) contre l'érosion hydraulique et aérienne; - la plantation d'allées d'arbres, de haies ou de surfaces boisées en bordure des parcelles pour retenir l'eau, limiter les ruissellements et servir de brise-vent et d'abris aux auxiliaires de cultures, comme les insectes pollinisateurs ; - l'entretien des pâturages et la promotion de la production animale au pâturage ; - les mesures de surveillance et de contrôle des maladies ; - les mesures de surveillance et de contrôle des insectes; - la réhabilitation des surfaces dégradées ; - le maintien des forêts adaptées au changement climatique et la gestion forestière pour limiter les risques d'incendies.
Implications pour le modèle agricole européen. Les parlementaires soulignent que la PAC devra « contribuer à une politique agricole plus durable, tout en augmentant les rendements et en gardant à l'esprit que le réchauffement climatique peut remettre en cause la capacité de production et d'alimentation de la population dans le monde, y compris en Europe ». Aux yeux du PE, le réchauffement climatique « contraint l'Union à adapter son modèle de politique agricole ». La Commission est invitée à promouvoir, dans sa future communication sur la réforme de la PAC après 2013, un modèle d'agriculture plus durable et efficace, « axé sur une production alimentaire suffisante, sûre et plus respectueuse de l'équilibre écologique ». Les parlementaires jugent nécessaire, pour permettre à l'agriculture européenne de contribuer à l'avenir à la sécurité alimentaire et à la protection du climat, de « maintenir une PAC ambitieuse intégrant, en particulier, le régime des paiements directs financés par le budget communautaire et des paiements simples et plus équitables dans l'ensemble de l'Union ». Ils préconisent par ailleurs de renforcer et d'adapter les instruments de gestion des risques et des crises à la volatilité croissante des marchés et au développement des risques climatiques.
Enfin, il est demandé à la Commission de réfléchir à de nouveaux systèmes d'aides visant à soutenir la contribution apportée par l'agriculture à la réduction du CO2, comme la fixation du carbone dans les sols et la biomasse agricoles. (L.C.)