Bruxelles, 30/04/2010 (Agence Europe) - Se différenciant nettement des États-Unis sur ce dossier sensible, la Commission européenne a préféré se montrer modérée sur la réévaluation du yuan. Bien qu'il ait souligné l'intérêt mutuel pour l'UE et la Chine que l'appréciation du yuan se produise, le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, avait déjà admis, à l'issue de son entrevue avec le ministre chinois du Commerce Chen Denming, mardi 27 avril à Beijing, que tout ajustement futur de la devise chinoise n'était « pas imminent » et qu'il ne serait que « progressif ». Lors de son entretien avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao jeudi 29 avril à Beijing, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est exprimé avec autant de modération sur ce sujet, en s'abstenant d'exiger franchement une réévaluation rapide du yuan. À l'issue de son entrevue avec M. Wen, le président de la Commission a toutefois estimé devant la presse que les autorités chinoises « ont très bien compris » le message transmis. Par son ton prudent, la Commission se démarque de l'administration Obama qui exerce une pression intense sur Beijing, allant jusqu'à menacer de porter l'affaire à l'OMC, en dénonçant une manipulation du yuan par les autorités chinoises.
Vendredi 30 avril à Shanghai, le président Barroso devait rencontrer le président chinois Hu Jintao, en marge de l'inauguration de l'Exposition universelle 2010, à laquelle assistaient également plusieurs dirigeants européens, dont le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende et le président maltais George Abela. (E.H.)