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Bulletin Quotidien Europe N° 10124
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mÉditerranÉe occidentale

Structuration du dialogue « 5+5 » et coopération concrète entre les pays de la sous-région méditerranéenne

Bruxelles, 22/04/2010 (Agence Europe) - Les dix ministres des Affaires étrangères de la Méditerranée occidentale (Espagne, France, Italie, Portugal, Malte, Tunisie, Maroc, Algérie, Libye et Mauritanie) ainsi que le secrétaire général de l'UMA (Union du Maghreb Arabe), ont réaffirmé au cours de leur 8ème rencontre annuelle, les 15 et 16 avril, leur engagement à consolider la coopération dans cette sous-région euroméditerranéenne. En présence du commissaire européen à l'Élargissement et au Voisinage, Stefan Füle (la Commission européenne est, depuis le « sommet » de ce regroupement, dit « 5+5 », en 2009, auquel a assisté le président Romano Prodi, régulièrement invitée à ces rencontres), les ministres ont souligné dans leur déclaration finale « leur attachement à la poursuite des efforts de l'UE en faveur des pays du Sud de la Méditerranée, mettant l'accent sur l'importance du Maghreb dans l'édification de l'UpM (Union pour la Méditerranée) et dans la construction d'un espace de paix, de solidarité et de prospérité dans la région euro-méditerranéenne ».

« Nous avons évoqué le prochain sommet de l'UpM et décidé de travailler ensemble pour le préparer d'une façon adéquate, en abordant les questions politiques en vue de relever les grands défis auxquels fait face la région », a indiqué Miguel Ángel Moratinos, ministre des Affaires étrangères d'Espagne qui co-présidait la rencontre avec son homologue tunisien, Kamel Morjane. « Le Dialogue '5+5' constitue le noyau dur de la coopération euroméditerranéenne et un modèle de partenariat Nord-Sud, à même de renforcer la complémentarité et la solidarité entre les deux rives de la Méditerranée occidentale », ont affirmé de concert les dix ministres. La phrase est à souligner, car dans le contexte de l'UpM, les pays du Maghreb ont, à maintes reprises, exprimé le sentiment d'être des laissés-pour-compte. Ils ont ainsi « réaffirmé l'importance (de leur dialogue particulier) pour débattre des enjeux et des défis communs et pour impulser des initiatives de coopération en Méditerranée occidentale et au sein d'autres instances de coopération régionale ». Sur l'UpM, ils se sont « félicités de l'adoption des statuts du secrétariat et de la nomination de son secrétaire général (...) appelant au démarrage effectif » de la structure afin qu'elle « entame dans les meilleurs délais possibles la réalisation des objectifs et priorités qui lui ont été tracés». Ils ont également débattu de la création d'une banque euroméditerranéenne de développement ainsi que de la création d'une agence de soutien aux PME, sans toutefois dire quelles ont été leurs conclusions. On sait cependant qu'un groupe de réflexion a été formé par la co-présidence française de l'UpM pour en étudier la faisabilité et les conditions. Le ministre tunisien Kamel Morjane a évoqué la possibilité « d'élargir le dialogue à de nouveaux acteurs tels que les patronats dont le rôle est primordial en matière de co-développement ou encore aux entités et aux collectivités locales ». Et, « un forum d'affaires 5+5 » sera organisé pour « promouvoir l'investissement et le partenariat dans la région à travers la promotion des secteurs vitaux ».

À Tunis, les ministres ont décidé de structurer leur dialogue par la mise en place d'un « comité de suivi régulier géré par la co-présidence tournante (actuellement, l'Espagne et la Tunisie) (qui) se chargera notamment de la préparation des réunions annuelles des ministres des Affaires étrangères et du suivi de leurs recommandations ». Ils ont, en examinant la situation économique et financière, plaidé pour une « réforme complète et vigoureuse du secteur financier international » et, par ailleurs, adopté une proposition tunisienne de créer une « Agence euroméditerranéenne de protection de l'écosystème et du littoral » afin « d'assurer la coordination entre les projets et les initiatives » dans la région. Ils ont également appelé à réunir les conditions d'un « meilleur transfert des technologies (...) en matière de production, de gestion des exploitations, de transformation et de valorisation des produits agricoles » et, dans le secteur de l'énergie, à « soutenir (des projets) dans le cadre du Plan solaire méditerranéen ». M. Morjane a suggéré d'élargir « le champ d'action du dialogue à de nouveaux secteurs économiques tels que le commerce et la sécurité alimentaire ». La question migratoire a été abordée. Elle constitue un des principaux sujets de préoccupation de tous les pays riverains. Les ministres se sont félicités de la qualité de la coopération engagée en ce domaine depuis la conférence spécifique qui a eu lieu en octobre 2002 également à Tunis suivie de celles d'Albufera en 2007 et d'Evora en 2008. La Libye doit organiser la prochaine rencontre sur les migrations.

La situation au Proche-Orient a été abordée et les ministres ont « réitéré l'urgence » de concrétiser la solution de deux États palestinien et israélien, appelant à une « relance effective et crédible des négociations », en faisant part toutefois de leur « vive préoccupation quant aux récentes décisions israéliennes de modifier les règles de résidence des Palestiniens en Cisjordanie, notamment, dans le cas où celles-ci devraient aboutir à des expulsions ». Ils ont marqué « l'espoir que les prochaines échéances, entre autres le Sommet de l'UpM à Barcelone, puissent être l'occasion de dresser un bilan de ces efforts et d'établir les perspectives de concrétiser, à bref délai, la solution des deux États ». Une « Conférence internationale pourra le moment venu se réunir pour réaliser cet objectif », ont-ils noté dans leur déclaration finale. (F.B.)

 

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