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Bulletin Quotidien Europe N° 10096
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/cuba

Le PE condamne la répression politique dans l'île

Strasbourg, 11/03/2010 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, jeudi 11 mars, une résolution commune condamnant la répression politique orchestrée par les autorités cubaines. Déplorant « la mort cruelle qui aurait pu être évitée » du dissident M. Orlando Zapata Tamayo après 85 jours de grève de la faim, il demande au gouvernement cubain de libérer « immédiatement et sans condition » les 200 prisonniers politiques et d'opinion encore détenus dans l'île. Il invite la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton et le commissaire au Développement, Andris Piebalgs, à « entamer sans délai un dialogue structuré avec la société civile cubaine et avec les partisans d'une transition pacifique à Cuba ». Aucune référence n'est faite à la politique de la main tendue prônée par la Présidence espagnole.

Les députés ont rejeté les trois amendements déposés par le groupe GUE/NGL. L'un d'entre eux soutenait « les efforts de la Présidence espagnole pour normaliser les relations entre Cuba et l'UE, processus censé aboutir au retrait complet de la position commune » européenne d'application depuis 1996. Un autre amendement demandait la « levée immédiate » de l'embargo sur Cuba.

La veille, lors du débat en plénière, la mort de M. Zapata Tamayo a été condamnée de manière unanime par les trois institutions européennes. « Là où il y a violation des droits de l'Homme, il faut le dénoncer, nous l'avons fait aussi pour Cuba », a déclaré le secrétaire d'État pour l'UE, Diego López Garrido, en rappelant la nature des relations UE/Cuba: le dialogue politique avec les autorités et la société civile, la politique de développement et la coopération culturelle. « L'inaction serait la pire des options pour Cuba », a estimé M. Piebalgs, soulignant l'importance d'une présence européenne sur l'île en vue d'approfondir le dialogue politique et œuvrer pour l'amélioration des conditions de vie du peuple cubain. Au nom du PPE, l'Espagnol José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra a exhorté le PE à soutenir « tous ceux qui luttent au nom de la liberté » à Cuba. Pour Luis Yáñez-Barnuevo García (S&D, espagnol), le moment n'est pas venu, à ce stade, de débattre de la nécessité, ou pas, de faire évoluer la position commune de l'UE envers Cuba. Raül Romeva i Rueda (Verts/ALE, espagnol) a averti contre le « risque d'instrumentalisation » de la mort du dissident cubain et « la tentation de revenir à l'époque révolue du blocus » touchant l'île. Edvard Kožušník (CRE, tchèque) a espéré que M. Zapata Tamayo fût le dernier Pavel Vonka cubain, en référence au dissident tchèque mort en prison sous le régime communiste. Et Willy Meyer (GUE/NGL, espagnol) de dénoncer l'incohérence de l'UE dans son effort de promotion des droits de l'Homme. « Nous n'avons jamais voté pour dénoncer le coup d'État au Honduras avec ses tortures et ses assassinats », a-t-il lancé. (M.B.)

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