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Bulletin Quotidien Europe N° 10090
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/maroc

Premier « sommet » les 6 et 7 mars à Grenade mais en l'absence du roi Mohamed VI

Bruxelles, 03/03/2010 (Agence Europe) - Le premier sommet UE-Maroc aura lieu à Grenade (Espagne) les 6 et 7 mars, confirme la Présidence espagnole du Conseil de l'UE, en dépit de l'absence annoncée du souverain marocain. La rencontre se déroulerait sous l'égide des deux premiers ministres. Aucune explication n'est donnée à l'heure actuelle. Pour le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, cité par l'agence Europapress, c'est la présence royale, côté marocain, qui aurait été « inhabituelle », car Mohamed VI « ne fréquente pas habituellement de nombreux sommets et il y envoie son Premier ministre ».

Le sommet ne devrait pas déboucher sur des résultats concrets mais n'aurait qu'une signification politique pour conforter le Maroc dans sa conviction qu'il demeure un pays modèle dans la région et dans l'espoir de ce pays d'acquérir des appuis financiers plus conséquents. L'Espagne a aussi à cœur de produire un succès notable à la fois au plan européen et au plan bilatéral, sachant l'intensité des relations entre les deux royaumes voisins.

Des discussions se sont poursuivies à plusieurs niveaux notamment lors d'une visite spéciale à Rabat du chef de la diplomatie espagnole, jeudi 25 février, pour fixer les éléments de la déclaration commune qui sera proclamée à l'issue du sommet de Grenade. « Nous avons débattu du prochain sommet UE-Maroc et des résultats attendus », a affirmé Miguel Ángel Moratinos dans des déclarations à la presse locale, à l'issue des entretiens avec son homologue, Taïb Fassi Fihri, le ministre espagnol des Affaires étrangères ajoutant que ce sommet sera une occasion de faire du statut avancé un cadre de partenariat « plus fort et plus efficient » sur le plan du dialogue politique. Cité par l'agence de presse officielle marocaine MAP, il a indiqué que ce sommet offrira l'occasion d'examiner notamment les domaines économique et social, en vue d'accompagner les réformes engagées par le Maroc afin d'assurer son ancrage à l'UE. Il a aussi souligné que cette rencontre est à même d'impulser un nouvel élan aux relations entre l'UE et le Maroc, «grand ami et partenaire stratégique de l'Union», notamment après l'adoption du Traité de Lisbonne.

Un des points de discussion a porté sur le Sahara. Selon l'agence MAP, M. Moratinos a rappelé que l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU sur ce dossier, Christopher Ross, avait souligné, au terme de la 2ème série des pourparlers informels sur le Sahara (10-11 février à New York), la nécessité de poursuivre le dialogue sérieux et constructif afin de parvenir à une solution négociée. Madrid tente ainsi d'encourager Rabat à renouer le dialogue avec le Polisario.

L'essentiel des sujets à aborder lors du sommet tournera cependant autour des relations particulières, et privilégiées, dont voudrait bénéficier le Maroc dans ses rapports avec l'UE, davantage convaincu par la coopération bilatérale que régionale euro-méditerranéenne.

Mis en œuvre dès octobre 2008, le statut avancé est désormais dans une phase active de conception: « Les années à venir seront déterminantes et les avancées qui y seront réalisées donneront (ou non) un sens à ce statut », avait dit il y a deux semaines, lors d'une conférence de presse, l'ambassadeur de l'UE à Rabat, Eneko Landaburu. Cité par le journal local L'Économiste, il a affirmé que, pour l'année 2010, les objectifs ont déjà été fixés et que les efforts seront particulièrement axés sur l'appui à certains secteurs comme l'agriculture, l'assainissement, l'eau et le développement durable. Par ailleurs, le Maroc, qui a réalisé des avancées importantes dans plusieurs domaines, « ne doit pas s'attendre à un flot d'argent supplémentaire », a ajouté M. Landaburu, selon le journal. « Dans le contexte de crise, les pays membres doivent faire des économies pour réduire leurs déficits. Les enveloppes financières sont déterminées d'ici 2013 par la Commission européenne, et je ne crois pas que le pays devra compter sur des aides plus importantes que les années précédentes », a-t-il précisé. Par ailleurs, le Maroc et l'UE devront, selon la même source, relancer leurs discussions sur des sujets restés « au point mort depuis un moment », notamment la ratification de l'accord sur la commercialisation des produits agricoles, normalement attendu sous présidence espagnole, et l'ouverture de négociations formelles sur les services. « Tout le processus doit être revu parce qu'il est long et insatisfaisant et peut durer des années encore puisqu'il consiste à étudier secteur par secteur », a assuré Eneko Landaburu. Ce processus fera d'ailleurs l'objet d'une rencontre entre le ministre marocain du Commerce extérieur et le commissaire européen chargé du Commerce. En clair, peu de choses ont évolué depuis l'obtention du statut avancé par le Royaume. « Le gouvernement doit proposer un programme de convergence réglementaire et nous sommes là pour l'accompagner dans sa démarche et l'aider à franchir les étapes et à atteindre l'objectif du statut avancé ». (F.B.)

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