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Bulletin Quotidien Europe N° 10086
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Toujours pas de sanctions contre Ottawa à propos de l'imposition de visas aux Tchèques

Bruxelles, 25/02/2010 (Agence Europe) - L'Union européenne a décidé, jeudi 25 février, de repousser à plus tard sa décision concernant d'éventuelles sanctions contre le Canada, qui maintient toujours l'obligation de visas pour les ressortissants tchèques. Le Canada avait aboli les visas pour les visiteurs tchèques en 2007, avant de les imposer à nouveau en juillet 2009 face à une explosion du nombre de demandeurs d'asile politique. La majorité d'entre eux appartenaient à la minorité Rom, qui se dit victime de discrimination (EUROPE n° 9982).

La République tchèque a accusé, jeudi, la Commission européenne de ne pas la soutenir suffisamment face à la mesure canadienne. « J'en appelle au principe de solidarité. C'est la première fois qu'un pays de l'UE se voit réimposer des visas », a déploré le ministre tchèque de l'Intérieur, Martin Pecina, en marge du Conseil Justice et Affaires intérieures, à Bruxelles. « J'ai été surpris qu'aucun ancien État membre ne prenne position » (sauf la Présidence espagnole). Le ministre Pecina a indiqué aussi que la position de son pays avait été soutenue par les Hongrois, les Slovaques, les Bulgares, les Roumains et la Présidence espagnole.

Le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a tenté de tempérer ces attaques. « La totalité des pays de l'UE est solidaire avec la République tchèque qui est visée par une décision pas raisonnable prise par le Canada », a-t-il souligné, en conférence de presse. Pour sa part, le commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a jugé que la Commission était, contrairement aux dires des Tchèques, « très active » dans ce dossier. Elle a rappelé que le Canada devait prendre deux types de mesures pour alléger ces restrictions. Dans une première étape, il est demandé au Canada d'ouvrir un bureau de délivrance de visas à Prague. Cela a été fait le 21 décembre dernier, a annoncé la commissaire. L'autre étape consiste en une feuille de route en vue de l'abolition complète des visas. Selon Mme Malmström, il faudra attendre les conclusions d'une réunion d'experts, prévue le 15 mars, avec le Canada. « Nous attendons de voir l'issue de cette réunion. Nous espérons qu'il sera possible de trouver une solution et qu'il ne sera pas nécessaire d'imposer des visas aux Canadiens », a-t-elle déclaré. Et de conclure: « Nous espérons que nous ne devrons pas en venir là. Mais s'il n'y a pas de solution, la Commission est prête à aller dans ce sens ». (B.C.)

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