Bruxelles, 25/02/2010 (Agence Europe) - Karel De Gucht va effectuer, du 1er au 5 mars, sa première tournée en Asie en tant que commissaire européen au Commerce. Cette visite, qui le conduira successivement au Vietnam, à Singapour, puis en Inde, traduit l'attachement de la Commission européenne à la recherche de nouveaux débouchés à l'exportation sur les marchés asiatiques émergents les plus dynamiques.
Au Vietnam du 1er au 2 mars, M. De Gucht plaidera pour le renforcement des relations commerciales avec l'UE, via un accord bilatéral de libre-échange « individuel », après le gel des négociations de bloc à bloc avec l'ASEAN. Le Vietnam, qui a connu une mutation économique et sociale rapide depuis 2000, incluant une ouverture accrue aux échanges et aux investissements, est l'une des économies les plus prometteuses en Asie du Sud-Est, avec une croissance du PIB qui a atteint 8% en moyenne par an entre 2003 et 2008, puis 5% en 2009 malgré la crise, et qui est évaluée à 6,5% en 2010. Les échanges bilatéraux annuels de marchandises ont atteint 12 milliards d'euros en 2008, et le commerce bilatéral a crû de 12% par an entre 2004 et 2008.
À Singapour du 2 au 3 mars, le commissaire au Commerce lancera formellement la négociation d'un accord bilatéral de libre-échange ambitieux avec la cité-État, dans l'espoir que d'autres membres de l'ASEAN lui emboîteront rapidement le pas. La Commission espère conclure en moins de deux ans un accord avec le plus important partenaire commercial de l'UE dans l'ASEAN, avec lequel les échanges bilatéraux s'élèvent à 55 milliards d'euros par an, et le stock d'investissements bilatéraux a atteint 100 milliards d'euros en 2007. L'économie de Singapour reposant essentiellement sur les services bancaires et financiers, le commerce, la navigation, le tourisme, l'électronique, les chantiers navals et le raffinage du pétrole, les négociations seront axées sur les services financiers et la rationalisation des règles d'origine.
En Inde du 4 au 5 mars, M. De Gucht s'efforcera d'insuffler un nouvel élan politique aux négociations en vue d'un accord bilatéral de libre-échange qui, lancées en 2007, n'ont enregistré que de faibles progrès depuis. Au plan technique, Européens et Indiens doivent encore s'accorder sur le contenu du futur accord qu'ils se sont engagés à conclure d'ici fin 2010, une échéance qui paraît de plus en plus irréaliste, les questions des marchés publics, des droits de douane les plus élevés et des barrières non tarifaires demeurant la principale source de préoccupation côté européen. L'Inde est une puissance émergente majeure dans l'ordre économique mondial du 21ème siècle. Elle combine un marché vaste et dynamique de plus d'un milliard de personnes à un taux de croissance compris entre 8 et 10%. Sa classe moyenne correspond à la moitié de la population de l'UE, et elle est dotée d'un pouvoir d'achat comparable à celui de certains États membres de l'UE. L'Inde est déjà un partenaire commercial important pour l'UE, leurs échanges de marchandises ayant atteint 61 milliards d'euros en 2008. En dépit d'une ouverture accrue depuis 20 ans, l'Inde applique encore des barrières tarifaires et non tarifaires importantes qui maintiennent le commerce avec l'UE en dessous de son potentiel. (E.H.)