Bruxelles, 25/02/2010 (Agence Europe) - La Présidence espagnole de l'Union européenne a demandé, jeudi 25 février, à la Suisse et à la Libye de mettre un terme rapidement au contentieux qui les oppose. « Nous avons demandé à la Suisse et à la Libye de redoubler d'efforts pour mettre fin à la crise », a indiqué le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, après un déjeuner avec ses homologues européens. Le Conseil et la Commission européenne ont également été conviés à intensifier leurs efforts en vue du règlement du différend entre les deux pays.
La crise entre la Suisse et la Libye a débuté avec l'arrestation de deux hommes d'affaires suisses, Max Göldi et Rachid Hamdani, en juillet 2008 en Libye, peu après l'interpellation à Genève d'un des fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi. La Suisse, membre de l'espace Schengen, a décidé d'inscrire les noms de 150 personnalités libyennes sur la liste des personnes ne pouvant plus obtenir de visas pour les pays de l'espace Schengen. En représailles, Tripoli a décidé de ne plus délivrer de visas pour les ressortissants des pays de l'espace Schengen. Les choses avancent lentement puisque Rachid Hamdani n'a été remis en liberté que lundi dernier et a regagné la Suisse. Max Göldi s'est, pour sa part, rendu aux autorités libyennes afin de purger une peine de quatre mois de prison. L'Union européenne espère sa libération dans les prochaines semaines.
La décision de la Suisse d'inscrire les noms de personnalités libyennes sur la liste Schengen a toutefois été très critiquée par l'Italie. « On ne doit pas utiliser les règles Schengen pour régler un contentieux bilatéral (…) La liste noire est un instrument de sécurité national et pas un instrument de pression », a déploré le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, en marge de la réunion. « Il faut utiliser de manière attentive la liste noire, sinon, c'est la fin de Schengen », a-t-il assuré. Selon le ministre italien, il y a le risque que la Libye ralentisse les contrôles aux frontières, provoquant ainsi des arrivés d'immigrées clandestins sur les côtes européennes.
De son côté, la conseillère suisse Eveline Widmer-Schlumpf a rappelé qu'en tant que membre de l'espace Schengen son pays était en droit d'appliquer de telles règles. La Présidence s'est voulue rassurante. « Nous avons démontré à la Suisse que nous l'appuyons en tant que pays membre de l'espace Schengen », a affirmé M. Perez Rubalcaba. Pour lui, la priorité est de s'attaquer à la crise actuelle. Les questions relatives à l'utilisation des règles Schengen ont « des répercussions sur notre politique », mais cela fera partie d'un débat à plus long terme, a-t-il déclaré. (B.C.)