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Bulletin Quotidien Europe N° 10075
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/industrie

Vers une stratégie commune pour les véhicules électriques

Strasbourg, 10/02/2010 (Agence Europe) - Dirigeant les travaux du Conseil Compétitivité informel des 8 et 9 février à San Sebastián, le ministre espagnol de l'Industrie, Miguel Sebastián Gascón, a proposé à ses homologues, réunis mardi, de mettre en place une stratégie commune de développement de la voiture électrique. La veille, l'initiative avait reçu le soutien des ministres de la Recherche, réunis sous la houlette de Cristina Garmendia. Soutenue par l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, la France est confiante qu'une part de 10% du parc européen à l'horizon 2020 est réalisable. La Commission européenne est appelée à mettre sur la table une proposition au printemps, en vue d'une discussion au Conseil Compétitivité de mai.

Comme l'avait annoncé fin janvier M. Sebastián Gascón devant le Parlement européen, l'Espagne est déterminée à donner, lors de sa présidence, un rôle central aux véhicules électriques. « De notre point de vue, le leadership de l'implantation du véhicule électrique doit incomber aux institutions de l'UE (…) Nous espérons que notre perception sera partagée par le reste des États membres et les institutions communautaires, et que la Commission européenne prendra le relais en adoptant une stratégie commune qui sera débattue au Conseil des ministres du mois de mai », explique M. Sebastián Gascón dans un entretien publié sur le site de la Présidence. Le ministre espagnol de l'Industrie a donc présenté à ses homologues, mardi, un document détaillant les principaux défis posés par l'essor du véhicule électrique à grande échelle. Si la voiture électrique est présentée par les gouvernements et les industriels comme une chance pour la relance économique ainsi qu'une nécessité écologique face au changement climatique, les États membres de l'UE y travaillent pour le moment en ordre dispersé face à leurs concurrents. Pendant que l'Australie, la Chine, les États-Unis, Israël et le Japon investissent massivement dans la mobilité électrique, l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la France, la Pologne, le Portugal et le Royaume-Uni ont développé des programmes de véhicules électriques d'ambition variable, note le rapport de la Présidence, qui insiste sur la nécessité de promouvoir les technologies et infrastructures nécessaires. Une nécessité qui, aux yeux de Madrid, appelle la Commission à définir une stratégie européenne globale pour ces véhicules et mettre en place une structure incluant les parties prenantes afin de coordonner les politiques et assurer uniformité et cohérence entre les initiatives connexes en Europe. Outre les questions du développement technologique et de l'harmonisation des normes pour les batteries et pour les bornes de recharge, dont le réseau est, par ailleurs, à créer, l'essor à grande échelle du véhicule électrique pose aussi les questions des coûts élevés, de l'impact sur la consommation et la capacité de production d'électricité de l'UE, mais aussi les questions des pénuries de compétences et la difficulté de réunir les ressources financières. Enfin, le rapport soulève la question des performances énergétiques et environnementales, via la réduction des émissions de CO2 des voitures et des carburants, ainsi que par le régime européen d'échange de droits d'émissions (ETS). Au total, aux yeux de Madrid, se doter d'une approche « conjointe et globale » au niveau communautaire est donc essentiel, afin d'assurer à l'UE une position d'avantage compétitif dans ce secteur. Pour appuyer sa proposition, la Présidence a convié des représentants de firmes du secteur électrique (Iberdrola), du secteur automobile (Renault) et du secteur industriel (Siemens) à participer à ce premier échange de vues ministériel.

L'Espagne peut compter sur le soutien de l'Allemagne, de la France et de l'Italie. Mardi, le ministre français de l'Industrie, Christian Estrosi, a plaidé pour une politique européenne de développement et d'industrialisation du véhicule électrique. Selon lui, une part de 10% de voitures électriques dans le parc automobile européen à l'horizon 2020 est envisageable, compte tenu du soutien affiché par plusieurs États membres, et à condition que la Commission européenne agisse vite pour mettre sur la table une stratégie sur la base des travaux préparés par la Présidence. Dans un communiqué publié à l'issue des travaux, M. Estrosi souligne la nécessité que soient rapidement apportées des réponses à la question de la normalisation et la standardisation en matière de batteries, systèmes de recharges et de sécurité. Un dossier sur lequel l'Allemagne et la France planchent déjà, avec la mise en place, en 2009, d'un groupe de travail commun destiné à avancer sur le thème de la standardisation, groupe que l'Italie et les Pays-Bas sont disposés à rejoindre. Allemands et Français ont fait un pas de plus en avant la semaine dernière, à l'occasion du Sommet franco-allemand, où M. Estrosi et son homologue Rainer Brüderle ont acté le principe du lancement d'un projet pilote transfrontalier de mobilité électrique sur l'axe Karlsruhe, Stuttgart et Strasbourg, l'objectif étant d'aboutir sur cette base à un consensus plus large et au déploiement d'équipements standardisés partout en Europe.

La réunion de San Sebastián a lancé le débat. La discussion se poursuivra au Conseil Compétitivité du 19 février, l'objectif partagé par l'Espagne et la France étant que la Commission propose aux États membres, d'ici le Conseil Compétitivité de fin mai, une stratégie commune sur la mobilité électrique. (E.H.)

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