Bruxelles, 10/02/2010 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont discuté, mercredi 10 février, des options envisageables pour venir en aide à la Grèce. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a sollicité ses homologues pour évoquer, par téléphone, les mesures de soutien dont pourraient disposer les États membres de l'UE en vue de soutenir un des leurs.
Le cas de la Grèce était au cœur des discussions, auxquelles ont participé le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, et le nouveau commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, mais la discrétion reste de mise autour d'une éventuelle intervention. La situation grecque, ainsi que celle en Espagne ou au Portugal, sera nécessairement abordée lors de la réunion des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE, qui s'ouvre ce jeudi à Bruxelles (EUROPE n° 10074). « Cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait une communication sur ce sujet », à l'issue du Sommet de ce jeudi, a déclaré mercredi une personnalité proche du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
Selon le quotidien français Le Monde daté du 11 février, l'Allemagne, longtemps hésitante à intervenir, semblerait désormais prête à agir avec d'autres pays comme la France (une conférence de presse commune de M. Sarkozy et Mme Merkel est d'ailleurs prévue ce jeudi après le Sommet, même si la gouvernance économique devrait en être le sujet principal, indique-t-on côté français). La question des modalités et du montant d'un hypothétique mécanisme de soutien (une aide bilatérale ?), ou celle de la place à réserver au Fonds monétaire international (FMI) dans ce type d'opération risquent de faire l'objet de discussions serrées. Toute option devra quoi qu'il en soit composer avec la règle interdisant tout renflouement entre États membres (clause de « no bail-out » de l'article 125 du traité sur le fonctionnement de l'UE).
À l'issue de son déjeuner mercredi à Paris avec le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre grec George Papandreou a réaffirmé la détermination de son gouvernement d'assainir les finances publiques du pays. La Grèce est prête à prendre « toutes les mesures nécessaires » en ce sens, a-t-il indiqué, en insistant sur la première tâche qui sera de réduire le déficit excessif de 4% à l'horizon 2010. « Je veux être très clair: nous avons soumis un programme de stabilité et de croissance très précis qui a été approuvé par la Commission (européenne) et nous sommes absolument déterminés à l'appliquer dans tous ses détails », a souligné M. Papandreou. L'accent mis sur la nécessité pour la Grèce de se conformer à ses engagements a été régulièrement rappelé ces derniers jours, quitte à apparaître désormais comme une condition à une forme de soutien qui irait même au-delà du dispositif de suivi intégré qu'a déjà envisagé la Commission (EUROPE n° 10070). (A.B.)