Bruxelles, 28/01/2010 (Agence Europe) - À ce stade, les députés européens ne sont pas persuadés de l'utilité des scanners corporels pour renforcer la sécurité dans les aéroports, même s'ils attendent l'analyse d'impact de la Commission. « Nous aimerions savoir dans quelle mesure les scanners corporels sont efficaces » étant donné qu'il s'agit d'« instruments assez intrusifs », a déclaré, mercredi 27 janvier, Simon Busuttil (PPE, maltais), à l'occasion d'une réunion de la commission des libertés civiles. De son côté, le Britannique Timothy Kirkhope (ECR) a souligné que les scanners avaient des « implications importantes en termes de coûts ». La Néerlandaise Judith Sargentini (Verts/ALE), qui s'est rendue à l'aéroport de Schiphol (Pays-Bas) pour voir des scanners de seconde génération, a jugé que ce type d'appareil « pourrait satisfaire à nos conditions ».
Mais pour les députés, le partage d'informations reste la principale clef afin d'empêcher les terroristes de monter à bord des avions. « C'est la connexion des données le principal problème », a estimé Alexander Alvaro (ADLE, allemand). « Le vol de Détroit confirme que l'aviation civile reste une cible privilégiée pour les terroristes », a affirmé devant les députés le coordinateur de la politique antiterroriste de l'UE, Gilles de Kerchove. « Outre l'importance du partage des données, nous devons améliorer notre capacité à digérer les données provenant de sources différentes », a-t-il reconnu, l'attentat de Detroit venant principalement « d'un défaut de connexions entre les informations ». Pour lui, davantage peut encore être fait pour rendre les vols plus sûrs en dehors du déploiement de nouveaux dispositifs dans les aéroports, par exemple en concluant un accord avec les États-Unis sur le partage des listes de terroristes présumés. Concernant l'utilisation de scanners, « certains États membres testent des appareils » et « on peut se demander s'il ne convient pas d'harmoniser cela au niveau européen », a estimé M. de Kerchove.
Les députés de la commission transport, qui est compétente sur le fond, ont soutenu une approche commune quant à l'utilisation des scanners corporels, même s'ils sont eux aussi divisés sur leur efficacité. Saïd El Khadraoui (S&D, belge) et Eva Lichtenberger (Verts/ALE, autrichienne) ont mis en avant le fait que ces appareils permettent de détecter les objets sur le corps de quelqu'un, mais pas à l'intérieur. « Si les terroristes avalent les explosifs, que ferons-nous? », s'interrogent-ils. L'Allemande Gesine Meissner (ADLE) s'est montrée plutôt favorable à l'utilisation de cette technologie: « Nous ne pouvons pas avoir une sûreté totale, mais si nous pouvons l'améliorer en utilisant des scanners inoffensifs pour les passagers, pourquoi ne prendrions-nous pas sérieusement en compte leur utilisation? ». Pour la Commission européenne, Matthias Ruete a indiqué que des propositions sur ces scanners seront faites dans les six prochains mois, mais uniquement après avoir résolu toutes les questions en suspens. La Commission devrait présenter son analyse d'impact (efficacité, santé, vie privée, coût) fin mars/début avril. Les ministres des Transports de l'UE discuteront des questions de sûreté aérienne, y compris des scanners, à la réunion informelle des ministres des Transports, à La Corogne, les 12 et 13 février. « Une position commune devrait être adoptée par consensus sinon elle ne servira à rien », a souligné, mercredi, le ministre espagnol de l'Équipement, José Blanco López. (A.By./B.C.)