Bruxelles, 28/01/2010 (Agence Europe) - Compte tenu des nouveautés d'ordre institutionnel, la ministre espagnole de l'Égalité, Bibiana Aido, a présenté les priorités de la Présidence espagnole dans des dossiers « sociaux » passés dans l'escarcelle de la politique de l'égalité des chances (EUROPE n° 10065). Le principe de l'égalité des chances entre hommes et femmes « est une question de justice sociale, un droit fondamental, quelque chose d'efficace qui garantit l'équilibre économique », a affirmé Mme Aido, jugeant la stratégie de l'UE 2020 essentielle pour la Présidence espagnole. Rappelant que la moitié de la population européenne sont des femmes, la Présidence espagnole estime qu'il faut: (1) fixer des objectifs visant à lever les barrières à la participation des femmes au marché du travail et a fortiori à leur carrière professionnelle. Il est impératif que les femmes soient incorporées à tous les domaines de la prise de décision économique (« seuls 3% des postes de président de sociétés cotées en bourse sont attribués à des femmes »), a martelé Bibiana Aido. Ceci nécessite, estime la Présidence, des changements tant dans la sphère publique que privée ; (2) veiller à mieux concilier la vie familiale et professionnelle, c'est-à-dire veiller à une meilleure répartition des tâches entre les hommes et les femmes (par exemple, s'occuper des enfants) ; (3) faire aboutir la directive congé de maternité, laquelle protège les droits des femmes enceintes, accouchées ou allaitantes. Bibiana Aido a mis l'accent sur « la fracture salariale », qui représente une « forme de discrimination intolérable pour les femmes » et a demandé de réagir aux stéréotypes. Et de rappeler au passage que la directive sur l'égalité de traitement s'applique à la lutte contre les discriminations.
Qu'allez-vous faire pour la défense des personnes discriminées au Conseil ? a demandé Alejandro Cercas (S&D, espagnol). « Il s'agit de convaincre, pas d'impulser. Il faut miser sur les femmes. Garantir l'égalité de traitement est une question de droits de l'homme et de ressources humaines », a répondu Mme Aido pour qui « il y a une durabilité économique et environnementale mais aussi une durabilité sociale ». Bibiana Aido a affirmé que la stratégie de l'UE 2020 doit reprendre ce principe de l'égalité des genres et doit réduire la fracture sociale. Il faut augmenter l'emploi des femmes de la catégorie 55-65 ans et harmoniser le niveau des rémunérations entre hommes et femmes. À Elizabeth Lynne (ADLE, britannique) et à Richard Falbr (S&D, tchèque), Bibiana Aido a indiqué que « la fracture salariale doit être réduite dans la législation européenne. Il ne faut pas seulement légiférer, il faut aussi mettre en œuvre et contrôler ». La ministre a annoncé que la Commission allait présenter un rapport sur la fracture salariale fin février. Rovana Plumb (S&D, roumaine) se posait la question de savoir quelle était l'approche de la Présidence espagnole sur la directive « congé de maternité ». « La Présidence veut aller de l'avant. La durée des droits, la garantie du droit au travail, le début et la fin de la période de congé de maternité doivent être gérés dans le contexte de la responsabilité », a précisé Mme Aido. La Présidence espagnole préfère attendre l'avis de la commission emploi/affaires sociales et puis celui de la commission des droits de la femme et de l'égalité, le 25 février, avant de commencer « à travailler en étroite collaboration avec le PE et la Commission », a conclu la ministre. (G.B.)